edgar cayce

edgar cayce

Edgar Cayce (18 mars 18773 janvier 1945, à Virginia Beach) est parfois considéré comme le “prophète dormant” et l’un des “plus grands mystiques” d’Amérique. Pendant des “lectures” (readings), entrant en transe, il répondait à des questions relatives à un individu. Ces lectures évoquent, au début, la santé physique. Puis, les conseils se diversifient et portent sur les vies antérieures, les interprétations de rêves, les phénomènes psychiques, la santé mentale, la méditation, la prière, le développement spirituel mais aussi le commerce, et l’Atlantide. Il reste connu pour les parties de son travail qu’il considérait comme les plus importantes, telles que le soin (la grande majorité de ses “lectures” ont été faites pour des personnes qui étaient malades) ou la théologie chrétienne (Cayce a été toute sa vie un membre des “Disciples du Christ“, une église protestante). Il pourrait être à l’origine de l’idée que la Californie sera un jour “submergée”. Bien qu’il ait vécu avant l’émergence du New Age, il a eu une grande influence sur certaines idées de ce courant.

Les sceptiques doutent de ses prouesses psychiques, ainsi que les chrétiens conservateurs qui se posent des questions sur son orthodoxie.

Selon l’auteur français Louis Pauwels, qui relate sa biographie dans “Le Matin des magiciens” (1960, éditions Gallimard), Cayce est un homme très simple, de faible formation culturelle, capable en état de sommeil de prescrire la solution médicale de toute maladie. Ses dons viendraient du fait qu’à l’âge de 5 ans une maladie le projeta dans le coma. Dans cet état il donne alors à son médecin, à voix haute, la cause de son état et le type de cataplasme qu’il faut lui appliquer. Depuis, en état de “transe”, il prescrira un traitement pour les maladies qu’on lui soumettra. Il est dit qu’il prédit le jour et l’heure de sa mort, victime d’une maladie incurable qu’il ne voulut pas désigner.

A ce jour, il existe plusieurs dizaines de miliers d’adeptes de Cayce. La plupart d’entre eux habite aux États-Unis et au Canada, mais les centres Edgar Cayce se trouvent de nos jours dans 25 autres pays. L’ARE ( Association for Research and Enlightenment : association pour la recherche et l’enseignement spirituel), basée à Virginia Beach, est l’organisation qui promeut le plus les travaux de Cayce et conserve toutes les lectures.

Sommaire

Capacités revendiquées

On dit de Cayce qu’il était :-

Cayce doit sa notoriété aux réponses qu’il donnait en état d’apparente transe, ou de sommeil. La transe était “conduite” pour une personne, habituellement celle pour le compte de qui la séance était tenue (et qui n’était pas nécessairement présente). Les informations données par ce biais furent appelées “lectures” (readings).

Elles ont d’abord traité de la santé physique de l’individu (“lectures physiques”); plus tard les lectures ont aussi porté sur les “vies passées”, le commerce, l’interprétation des rêves, et la santé mentale et spirituelle. Avec le temps, beaucoup des thèmes du New Age ont émergé de ces lectures, ce qui a contribué à la notoriété actuelle de Cayce.

D’autres capacités qui ont été prêtées à Cayce, telles que:

Cayce croyait que ses déclarations en état de transe étaient vraies seulement dans la mesure où elles mènent à une vie meilleure pour la personne à qui elles sont destinées:

Si elles aident à faire de meilleurs maris, de meilleurs businessmen, de meilleurs voisins, de meilleurs artistes, de meilleurs hommes d’église, alors adhérez-y, sinon rejetez-les.

Cayce invitait souvent son auditoire à “tester” ses suggestions plutôt que de les accepter parce qu’ils “croyaient” en lui.

Les lectures

Edgar Cayce donna plus de 14 000 “lectures” pendant 43 ans (de 1901 à 1944). Ce sont des discours que Cayce révéla en état de transe, d’hypnose ou de “sommeil”. En “état de veille”, il disait généralement ne pas se rappeler ce qu’il avait dit pendant les transes. Les lectures elles-même expliquent que l’inconscient a accès à des informations qui restent cachées à l’esprit conscient, ce qui était une théorie répandue au sujet de l’hypnose du temps de Cayce. La plupart des enregistrements viennent de la période d’après 1925, sa secrétaire Gladys Davis enregistrant les lectures, et sa femme Gertrude Evans Cayce “conduisant” (guidant) les lectures.

Les lectures sont habituellement réparties dans les catégories suivantes:

Lectures physiques: 9 603 lectures existantes.
Aussi connues sous le nom de “lectures de santé” contenant le diagnostic et la prescription de la cure pour un patient. Cayce avait besoin qu’on lui donne l’endroit où le patient se trouvait physiquement, même si cela se trouvait être une autre ville ou état (patients faisant des demandes par lettres).

Lectures de vies: 1 920 lectures existantes.
Dans une lecture de vies, Cayce décrit les états physique, émotionnel et mental présents en relation avec des vies antérieures. La plupart des personnes concernées ont découvert des vies étalées sur douze périodes principales, dont l’Atlantide, l’Egypte ancienne du temps de “Ra Ta”, la Perse ancienne, la Palestine du temps du Christ, et l’Amérique coloniale. Un nombre important de personnes se sont vues attribuer des vies célèbres. Le fils de Cayce, Hugh Lynn, par exemple, aurait été l’apôtre André.

Lectures d’affaires: 747 lectures existantes.
Cayce faisait occasionnellement des lectures d’affaires comprenant des conseils concernant les associés, les marchés boursiers, les stratégies de développement, etc.

Lectures de rêves: 630 lectures existantes.
Edgar Cayce encourageait tout le monde à interpréter et utiliser ses propres rêves dans la vie de tous les jours. Une lecture de rêves incluait l’interprétation par Cayce des rêves de ses clients. Comme il le faisait dans des lectures sur d’autres sujets, Cayce interrompait souvent la personne qui racontait le rêve pour donner une interprétation immédiate. Il complétait parfois des parties de rêve supposément oubliée par le rêveur. Au contraire de l’interprétation des rêves Jungienne (cf Jung) ou Freudienne (cf Freud), il ne portait pas énormément d’attention aux symboles. Il disait que chaque individu possède les siens propres. Il prétendait que dans leurs rêves, les gens pouvaient recevoir de précieuses intuitions qui étaient toujours utiles au rêveur. En dehors de ces intuitions, il prétendait que l’on peut par ce biais communiquer avec les personnes qui nous sont chères, vivantes ou non, se souvenir d’expériences de vies antérieures, voir un futur possible et expérimenter nombre d’autres phénomènes psychiques. Il déclarait que tout le monde pouvait développer ces capacités paranormales.

Lectures mentales et spirituelles: 450 lectures existantes.
Ces lectures étaient souvent courtes et étaient celles que Cayce préférait relire. Elles se concentraient sur ce que l’individu pouvait faire pour améliorer sa vie sur les plans du mental et du spirituel

Autres lectures: 954 lectures existantes.
Les autres lectures portent sur des sujets non catégorisables par les catégories sus-mentionnées. Cela peut porter sur la recherche de personnes disparues, des trésors cachés, des lectures données pour un groupe de développement spirituel, des capacités psychiques, auras, prophéties, la structure de la réalité, la géologie et beaucoup d’autres sujets.

Les lectures de Cayce sont habituellement référencées grâce à un identifiant numérique dans lequel le premier nombre représente le destinataire de la lecture (la plupart d’entre eux restent secrets), et le second indique le numéro de la lecture, dans le cas où la personne en ait reçu plus d’une. 5749-14 par exemple est la quatorzième lecture donnée à la personne identifiée par le numéro 5749 (le numéro est assigné arbitrairement).

Principaux thèmes

Le choix des principaux thèmes de Cayce ne se fait qu’avec de grands risques interprétatifs. Les lectures de santé sont les plus nombreuses, et elles impliquent beaucoup de concepts et pratiques résultant d’une vision alternative de la santé. Cayce — éveillé ou endormi — a décrit son travail en termes de service chrétien. Cependant, ceux qui s’intéressent à l’ésotérisme ou la métaphysique se sont concentrés sur un ensemble de sujets quelque peu différents.

L’origine et la destinée de l’humanité “Tous les esprits ont été créés au commencement, et trouvent leur chemin pour retourner là d’où ils viennent.” Cayce croit que les âmes humaines ont été créées avec une conscience de leur unité avec Dieu. Certaines “ont perdu” cet état; d’autres, conduites par l’âme de Jésus, seraient “bénévoles” pour les sauver. La Terre, avec toutes ses limitations, aurait été créée en tant qu’arène appropriée à la croissance spirituelle.

La réincarnation. Cayce enseigne la réalité de la réincarnation et du karma, comme des instruments des lois d’un Dieu d’amour plutôt que des lois naturelles et aveugles. Son but est de nous enseigner certaines leçons spirituelles. Les animaux ont des âmes indifférenciées, de “groupe” plutôt qu’individuelles et conscientes. Une fois que l’âme évolue à travers une succession d’incarnations animales et réalise le statut humain, elle ne réapparaît plus sous la forme animale. Le point de vue de Cayce incorpore des enseignements théosophiques, discutables, sur l’évolution spirituelle.

Astrologie. Cayce accepte l’astrologie en supposant que nos âmes passent du temps sur d’autres planètes (ou peut-être leurs contre-parties spirituelles) entre deux incarnations. La position des planètes à notre naissance témoignerait de ces influences.

Lois universelles. Les âmes incarnées sur la Terre sont d’après Cayce sujettes à certaines lois spirituelles telles que “tu récolteras ce que tu auras semé” (karma) ou “tu seras jugé comme tu juges (les autres)”. Correctement considérées, de telles lois représenteraient un aspect de la pitié de Dieu qui guiderait les hommes dans leur chemin spirituel quelles que soient les circonstances.

Jésus et le Christ. Suivant le courant de Nouvelle Pensée décrit plus haut, Cayce distingue Jésus et l’état du Christ. Brièvement, Jésus aurait eu une âme comme nous, qui s’est réincarnée à plusieurs reprises (et a fait beaucoup d’erreurs). L’état du Christ est un état qu’il aurait atteint, et auquel nous sommes supposés aspirer. Ainsi, Cayce aurait appelé Jésus notre “frère plus âgé.”

Vie secrète de Jésus. Récits présentés par Cayce des incarnations précédentes de Jésus, y compris un personnage atlante mystérieux appelé “Amilius” et des figures bibliques plus familières : Adam, Enoch, Melchizedek, José, Asaph, et Jeshua. Cayce décrit Jésus comme un Essénien qui a voyagé à travers l’Inde dans sa jeunesse afin d’étudier des religions orientales.

Idéaux. Cayce souligne à plusieurs reprises le choix de l’idéal comme base du chemin spirituel. “Et que tous réalisent que ce que nous faisons et sommes est le résultat de ce que nous avons fait des idéaux que nous avons choisis”(lecture 1549-1). Nous pouvons choisir tout idéal vers lequel nous nous sentons attirés. Si nous essayons de l’appliquer, Dieu est sensé nous guider plus loin, peut-être en développant l’aspiration à d’autres idéaux. Le plus haut idéal, indique Cayce, est le Christ ; cependant, les lectures identifient “l’esprit du Christ” sous une certaine forme comme base pour des religions autres que le christianisme.

Corps, mental, esprit. Cayce utilise souvent ces trois notions, ou leurs équivalents, pour décrire le genre humain. L’”esprit est la vie. L’esprit est le constructeur. L’examen médical est le résultat.” (compilation de diverses lectures). Le concept est appliqué non seulement à la santé holistique mais également à la vie spirituelle.

Méditation. Tandis que Cayce décrit parfois en détail des techniques de méditation comme s’asseoir ou chanter (“Arrr — iii-oommm”) l’élément crucial est celui de s’ouvrir à l’influence divine. Dans leurs livres, la recherche de Dieu (Search For God) partage la croyance que “par la prière que nous parlons à Dieu. Dans la méditation, Dieu nous parle.” La méditation d’après Cayce a quelques aspects en commun avec l’hindouisme ou le bouddhisme (leschakras, la kundalini) mais ressemble plus aux versions chrétiennes de la Nouvelle Pensée. Le symbolisme du livre des révélations, dit-il, est basé sur des expériences méditatives.

Expériences extra-sensorielles Cayce considérait les expériences psychiques et les « Expériences extra-sensorielles » comme sous-produit normal de croissance d’âme. Dieu peut nous parler à travers des rêves (beaucoup de lectures se composent d’interprétation de rêves), ou via des intuitions semblables aux douleurs de la conscience. Cependant, Cayce n’approuve pas le spiritisme ou la médiumnité parce que les entités contactées ainsi ne sont pas nécessairement particulièrement élevées. Au lieu de cela, il encourage des chercheurs à se concentrer sur le Christ.

L’Atlantide. Les lectures de Cayce affirment l’existence de l’Atlantide, un vaste continent avec une technologie de pointe dont les réfugiés ont peuplé l’Égypte antique et les régions précolombiennes d’Amérique. La description de Cayce de l’Atlantide a beaucoup en commun avec celle de Ignatius Donnelly. D’après Cayce, la société atlante a été divisée en deux factions politiques d’une grande longévité — une “bonne” faction appelée les “fils de la loi d’Un,” et une faction “mauvaise” appelée les “fils de Belial.” Beaucoup de personnes aujourd’hui vivantes sont les réincarnations des âmes d’Atlantean, qui doivent maintenant faire face aux mêmes tentations qu’avant. À cet égard Cayce a également prévu la venue d’une certaine ‘pierre bleue ‘d’origine atlante, qui devait être trouvé sur “une île des Caraïbes” et devait avoir le pouvoir de guérir. En 1974 une pectolite bleu volcanique maintenant connu sous le nom de Larimar a été trouvée en République dominicaine. Dans les cercles métaphysiques on dit que cette pierre gemme colorée peut soigner ; comme avec la plupart des cristaux et pierres gemmes, il n’y a aucune preuve scientifique à ce sujet. L’Atlantide a souffert de 3 destructions principales dont un déluge. Selon les lectures, une source importante d’agitation était le désir des fils de Belial d’exploiter les Choses ‘, des sous-humains (de corps animal et peu intelligents), contre celui des fils de la loi d’Un, voulant les protéger. La destruction de l’atlantide vint d’une surcharge du cristal qui a causé une gigantesque explosion.

L’Égypte. À côté des périodes bibliques, l’ère la plus significative pour les “lectures de la vie” était l’Égypte antique, une civilisation pré-dynastique se composant des réfugiés atlantes. Cayce a prétendu avoir été un pharaon inconnu appelé “Ra Ta” qui a établi un centre curatif basé sur le spirituel (le “temple du sacrifice”) et un établissement éducatif (le “temple beau”). Ses lectures diagnostiques et récits au sujet du passé et du futur étaient censés être une suite à son travail plus ancien. Cette civilisation également construit des monuments sur le plateau de Gizeh, dont la grande pyramide, et laissa de l’Atlantide des enregistrement dans une salle à cet effet situés quelque part sous le Sphinx. Ces lectures ont une forte ressemblance avec ceux de Harvey Spencer Lewis, fondateur de l’AMORC.

Changements de la terre. Quelques lectures de Cayce font référence à de profonds changements de la terre en conjonction avec l’inversion des pôles magnétiques terrestres; dans les années 1930, les années 1960, ou les années 1990. Les personnes qui croient les théories de Cayce ont développé plusieurs manières créatrives d’interpréter de tels passages, bien que certains aient été déçus que 1998 ne voie pas se relever l’Atlantide, s’enfoncer la Californie, ou revenir le Christ.

Traitements de Cayce. Les lectures médicales de Cayce prescrivent typiquement des poultices (souvent d’huile de ricin), des ajustements osteopathiques, l’irrigation du côlon, des massages (souvent avec de l’huile d’arachide ), la prière, des remèdes traditionnels (comprimés de charbon de bois), diverses formes de médecine électrique et des spécialités pharmaceutiques (comme l’Atomidine), et des recommandations spécifiques au sujet du régime alimentaire et de l’exercice. Cayce est souvent vu en tant que praticien de médecine holistique, et a en particulier des liens philosophiques forts avec la naturopathie.

Régime de Cayce. Les recommandations diététiques principales sont d’éviter la viande rouge et le porc), l’alcool (excepté le vin rouge), le pain blanc, et les nourritures frites ; de préférer des fruits et les légumes (de surface, feuillu) aux féculents; de favoriser un rapport élevé (80/20 %) de nourritures basiques en minimisant les acides. Un repas par jour devrait se composer uniquement de légumes crus. Cayce a préconisé la modération concernant le café et les cigarettes comme néfastes à la santé. Plusieurs mélanges de nourriture sont contre-indiqués comme le café avec du lait ou du sucre, ou le jus de fruit avec du lait ou des céréales. Cayce lui-même ne suivait pas ce régime.

Biographie

Edgar Cayce est né dans une famille paysanne le 18 mars 1877, près de Beverly, onze kilomètres au sud d’Hopkinsville. Les différentes phases de la vie d’Edgard Cayce peuvent commodément être définies selon leur géographie:

1877 à 1920 – La période du Kentucky.

En décembre 1893 la famille emménagea à Hopkinsville dans le Kentucky, au 705 de West Seventh, au coin sud-est de Seventh et Young Street. Durant cette période, Cayce suivi des études jusqu’au secondaire inférieur; s’est découvert une vocation spirituelle; à quitté la ferme familiale pour d’autres types de travail (d’abord au magasin Richard’s Dry Goods Store, puis dans la librairie Hopper, tous deux situé sur Main Street).

L’éducation de Cayce s’est arrêtée à la 2e année du secondaire, non pas parce qu’il était stupide (bien au contraire), mais plutôt parce que les collèges US coûtent cher, et que ni lui ni sa famille n’en avaient les moyens. De plus, à cette époque, des matières plus avancées (telles que les mathématiques et les sciences appliquées) étaient présentées plus tôt dans les écoles publiques. Finir la 2e secondaire alors, serait équivalent à finir le collège aujourd’hui (du moins dans certains sujets), et était considéré plus que suffisant pour un enfant des classes ouvrières. La vie d’Edgar Cayce sera marquée par une course désespérée au travail et à l’argent.

Tout au long de sa vie Edgar Cayce fut un membre actif des Disciples du Christ. Il lisait la bible, une fois pour chaque année de sa vie, enseignait le catéchisme, recrutait des missionnaires. Il est dit aussi qu’il s’est toujours demandé avec anxiété de savoir si ses capacités psychiques — et les enseignements qui en découlaient — était spirituellement justifié.

En 1900, il se lança dans le commerce avec son père, pour vendre une assurance du nom de “Woodmen of the World” (Bûcherons du monde). En mars de cette année-là, il attrapa une laryngite aigüe qui, le 18 avril, le rendit aphone.

Dans l’incapacité de travailler, il vécut chez ses parents pendant presque un an. Il décida ensuite de se lancer dans la photographie, en espérant qu’il ait de ce fait peu de raison de parler. Il devint apprenti photographe dans le studio de W. R. Bowles, au coin de la Neuvième et de Virginia à Hopkinsville.

Un artiste itinérant, comique et hypnotiseur, appelé “Hart – The Laugh Man” (Hart, l’homme du rire), fit une représentation à l’opéra de Hopkinsville en 1901. Il entendit parler du problème de Cayce, et proposa de le soigner. Cayce accepta, et l’expérience eut lieu sur scène, devant le public. Sa voix lui revint lors d’une séance d’hypnose, mais s’éteignit à son réveil. Hart essaya une suggestion post-hypnotique afin que Cayce retrouve sa voix même après la transe, mais sans succès.

Hart quitta la ville, mais un autre hypnotiseur local, Al Layne, se proposa pour continuer à travailler avec Cayce afin qu’il récupère la voix. Layne suggéra à Cayce de décrire la nature de son problème et sa solution pendant la séance d’hypnose. Cayce décrit alors sa maladie en utilisant le premier pronom personnel du pluriel ‘nous’, au lieu du singulier ‘je’. Lors des séances suivantes, il commençait en général par dire «Nous avons le corps». D’après les transcriptions de ces séances, la perte de sa voix était due à une paralysie psychologique, et pouvait être corrigée par l’afflux de sang aux cordes vocales. Layne suggéra alors que le flux de sang soit en effet augmenté, et le visage et la poitrine de Cayce devinrent alors fort rouges. Après 20 minutes, encore en transe, il déclara le traitement terminé. A l’éveil, sa voix resta normale. Il y eut des rechutes, mais après quelques séances supplémentaires avec Layne, avec le même traitement, le problème fut réglé définitivement.

Layne avait lu de traitements hypnotiques semblables, effectué par the Marquis Chastenet de Puysegur, un adepte de Franz Mesmer, et voulait explorer les limites des connaissances thérapeutiques de la «voix en transe». Il demanda à Cayce de décrire ces propres maux et de lui suggérer des traitements. Les résultats furent dit-on, à la fois précis et efficaces. Layne conseilla alors à Cayce d’offrir ces services de guérison en transe au public, mais Cayce n’était que peu disposé à le faire. Il accepta toutefois, à la condition que de telles séances soient gratuites. Avec l’aide de Layne, il commença donc à offrir des traitements gratuits aux gens de la ville. Ces séances furent un succès, et il devint de plus en plus connu. Des rapports sur le travail de Cayce apparurent dans les journaux, et de nombreuses lettres de demandes lui parvinrent. Prétendument, Cayce était capable de travailler aussi bien à partir d’une lettre de la personne, qu’en présence de celle-ci. Ceci lança la correspondance qu’entretiendra Cayce avec des personnes du monde entier.

La quantité de travail de Cayce augmenta en même temps que sa renommée. Il demanda à contre-cœur des donations, afin de subvenir à ses besoins et ceux de sa famille, de manière à pouvoir faire des séances à temps plein. Il continua à travailler dans un état de transe apparente avec un hypnotiseur toute sa vie. Sa femme, puis son fils aîné, remplacèrent Layne dans se rôle. Une secrétaire, Gladys Davis, prenait des notes. Selon certains, Cayce eut une relation avec Mme Davis plus tard dans sa vie.

La lecture en transe eut une influence notable sur la santé de Cayce, et il attribua ses incapacités passagères à rentrer en transe, à la trop importante pression qu’il subissait. Il remboursait scrupuleusement les clients insatisfaits.

1920 à 1923 – La période texanne

Au cours de cette période, Cayce se sépara de sa famille, et cessa en effet de pourvoir à leurs besoins, tout en essayant de s’enrichir, sans y parvenir. Il tenta plusieurs fois d’attirer des investisseurs, dans des entreprises d’exploitation de pétrole, offrant ses services de médium. Selon toute vraisemblance, ces entreprises étaient largement malhonnêtes, mais il est difficile de dire dans quelle mesure Cayce en était coupable. Lorsque, plus tard, il évoqua ces années-là, il en parla comme d’une époque pendant laquelle il s’éloigna de ses idéaux.

Arthur Lammers, un riche imprimeur, le persuada en 1923 de consacrer ces transes à des sujets philosophiques. Dans cet état présumé, Cayce parla sans équivoque de vies antérieures. La réincarnation était alors un sujet populaire. Mais la réincarnation n’étant pas - aujourd’hui encore - acceptée par la religion chrétienne, Cayce exprima son désarroi face à ce grave conflit de conscience. Lammers tenta de le rassuer, mais ils en vinrent à se disputer. Finalement, c’est la «voix en transe», le fameux «nous» des lectures, qui aurait dialogué avec Cayce, et l’aurait convaincu de poursuivre avec ce genre de séances. En 1925, cette même voix lui aurait ordonné de déménager à Virginia Beach, en Virginie.

1925 à 1945 – La période de Virginia Beach

Durant cette période de maturité, Cayce créa plusieurs institutions qui lui survivront, sous une forme ou une autre. Il fut alors un médium professionnel, avec du personnel et des volontaires pour l’aider. Les sujets des lectures furent de plus en plus métaphysiques ou ésotériques.

En 1929 fut créé l’hôpital Cayce à Virginia Beach, grâce aux dons d’un riche bénéficiaire des séances de transe, Morton Blumenthal.

Cayce passa à la postérité en 1943, grâce à un article dans le magazine ‘Coronet’. Il augmenta le nombre de séances, jusqu’à 8 par jour, du fait de l’intérêt qu’il suscitait. Ceci eu des conséquences néfastes sur sa santé, et Cayce mourut le 3 janvier 1945.

Chronologie

1877 Naissance dans une famille paysanne le 18 mars, près de Beverly, onze kilomètres au Sud de Hopkinsville, dans le Kentucky.
1887 Volontaire comme sacristain, le premier de nombreux rôles à l’église.
1889 Décide de lire la bible une fois par an, de la première à la dernière page (et le fait).
1890 Baptisé à 13 ans, fait une expérience mystique de la vision d’un ange. Incident du “Livre d’orthographe” (“Spelling book incident” en anglais), du fait qu’il se souvenait du contenu du livre après avoir dormi avec le livre sous son oreiller.
1892 Tombe inconscient alors qu’il joue au Baseball; il suggère l’utilisation d’un cataplasme. L’incident sera connu par la suite comme étant vraisemblablement sa première “lecture”.
1893 La famille déménage à Hopkinsville, suivie peu après par Edgar. Premier amour (Bess). Travaille pour une épicerie et une librarie (le magasin Hopper).
1895 Rencontre avec Dwight L. Moody.
1897 Fiançailles avec Gertrude Evans.
1898 Déménage à Louisville où il travaille pour un grossiste en livre (le magasin Morton). Début de son histoire avec “Margaret”.
1900 Retourne à Hopkinsville. Met en place une affaire avec son père pour vendre des assurances-vie (Woodmen of the World), mais il est touché par une sérieuse aphonie ou laryngite qui l’empêche de participer à la vente. Il commence comme apprenti dans le studio photo Bowles.
1901 Un hypnotiseur et fantaisiste itinérant “Hart-The Laugh Man” entend parler de l’état de Cayce et lui propose d’essayer de le guérir. Cayce accepte et l’expérience a lieu sur scène devant un parterre de spectateurs. La voix de Cayce revient sous hypnose, mais disparaît à nouveau lors du réveil.
19?? Un autre hypnotiseur, Al Layne, travaille avec Cayce pour lui rendre sa voix. Sous hypnose, Layne demande à Cayce de décrire la nature de son trouble et de proposer un remède. Selon la “lecture” de Cayce, son aphonie est due à une paralysie psychologique, et elle devrait pouvoir être guérie par une suggestion d’augmenter le flux sanguin dans le larynx. Ce traitement est pratiquement couronné de succès.
1902 Déménage dans la ville de Bowling Green (Kentucky), et y travaille dans une librairie (“the Potter store”).
1903 Marriage avec Gertrude Evans.
1907 Naissance de leur fils Hugh Lynn Cayce.
1910 Le Dr. Wesley Ketchum mentionne Cayce dans son article du American Society of Clinical Research. Le New York Times relate dans un article intitulé “Un homme illetré devient un docteur sous hypnose”. La carrière de Cayce comme médium et guérisseur commence sérieusement. Les gens commencent à venir le voir dans sa maison du Kentucky.
1911 Naissance de Milton Porter Cayce, qui meurt en bas âge.
1915 Vision “Graveyards of the world” (les ruines du monde). Dernière réapparition de son aphonie.
1918 Naissance de son fils Edgar Evans Cayce. Des rumeurs indiquent que Cayce serait allé à Washington pour faire des “lectures” pour l’administration du président Wilson, peut-être concernant le discours des Quatorze points de Wilson.
1986 décès de Gladys Davis (devenue Gladys Davis Turner).

Articles connexes

Liens sceptiques


Source : Wikipedia


Portrait de Nostradamuspar son fils, César de Nostredame.Nostradamus, né Michel de Nostredame (14 décembre 1503 à Saint-Rémy-de-Provence – 2 juillet 1566) était un médecin et apothicaire français. Pratiquant l’astrologie comme tous ses confrères à l’époque de la Renaissance, il est surtout connu pour ses prédictions sur la marche du monde.

Nostradamus, né Michel de Nostredame (14 décembre 1503 à Saint-Rémy-de-Provence2 juillet 1566) était un médecin[1][2] et apothicaire français. Pratiquant l’astrologie comme tous ses confrères à l’époque de la Renaissance, il est surtout connu pour ses prédictions sur la marche du monde.

Sommaire

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Biographie

Il est né de Jaume (ou Jacques) de Nostredame et Reynière (ou Renée) de Saint-Rémy. Jaume était l’aîné des six (certains disent dix-huit) enfants du couple (Pierre de Nostredame et Blanche de Sainte-Marie). Le nom des Nostredame vient de son grand-père juif, Guy de Gassonet (fils d’Arnauton de Velorges), qui choisit le nom de Pierre de Nostredame lors de sa conversion au catholicisme, probablement vers 1455[3]. Selon les archives d’Avignon, et selon les archives de Carpentras qui parlent souvent de juifs des autres régions, il est suggéré que l’origine du nom Nostredame fut imposé par le cardinal de Foix[4] de l’archevêque d’Arles, Pierre de Foix. Le grand père de Nostradamus, Pierre de Nostredame était si convaincu de sa foi qu’il a répudié sa femme d’alors (Benastruge Gassonet) qui ne voulait pas quitter le judaïsme. Le curieux “démariage” fut prononcé à Orange le 14 juin 1463 (ce qui lui a permis finalement d’épouser Blanche).

Son enfance

C’est son bisaïeul maternel, Jean de Saint-Rémy, ancien médecin et trésorier de Saint-Rémy, qui lui aurait transmis en 1506 les rudiments des mathématiques et des lettres selon ses propres dires. Mais la trace notariée (Archives dep. des Bouches du Rhône B. 2.607) de ce vieux personnage disparait en 1504.

Ses années d’études

Portrait de Nostradamuspar le Dr. Niel.Portrait de Nostradamus par le Dr. Niel.

Il part très jeune à Avignon pour y obtenir son diplôme de bachelier ès arts. On le disait doué d’une mémoire presque divine, d’un caractère enjoué, plaisant, peut-être un peu moqueur « laetus, facetus estque mordax »[5]. Ses camarades l’auraient appelé « le jeune astrologue », parce « qu’il leur signalait et leur expliquait les phénomènes célestes », mystérieux alors pour beaucoup : les étoiles filantes, les météores, les astres, les brouillards, etc. Il dut apprendre aussi la grammaire, la rhétorique et la philosophie. Mais il doit quitter l’université après un an seulement, à cause de l’arrivée de la peste (fin 1520). Neuf ans plus tard (1529), ayant cependant pratiqué comme apothicaire, il s’inscrit à la Faculté de Montpellier pour y gagner son doctorat en médecine. Il se fait connaître grâce aux remèdes qu’il a mis au point en tant qu’apothicaire, dont les fameuses « boules de senteur ». Mais il est bientôt expulsé pour avoir exercé ce métier « manuel » interdit par les statuts de la faculté [voir site Benazra Espace Nostradamus]. Son inscription de 1529 et sa radiation sont les seules traces de son passage à Montpellier, et on ne connaît pas de document attestant qu’il ait été docteur d’une autre université. Mais, sans être affirmatifs, la plupart des érudits du vingtième siècle pensent qu’il n’est pas impossible que l’expulsion de Nostradamus ait été temporaire et qu’il ait été quand même diplômé de l’université de Montpellier (comme le prétendaient aussi, en ajoutant des détails supplémentaires peu croyables, certains commentateurs très tardifs comme Guynaud et Astruc), car il paraît par des cas précis que les registres de cette université sont incomplets[6]. Nostradamus alla par la suite s’établir à Agen, sans doute parce qu’il entretenait un commerce littéraire avec Scaliger, comme on le verra plus loin. Il avait alors 30 ans.

Mariages et professions

Vers 1533, il s’établit à Agen[7], où il pratique la médecine de soins à domicile. Il s’y lie d’amitié avec Jules César Scaliger. Cet Italien, installé à Toulouse, érudit de la Renaissance, est « un personnage incomparable, sinon à un Plutarque » selon Nostradamus ; il écrit sur tout. Impertinent, il s’attaque à tout le monde, s’intéresse à la botanique et fabrique des pommades et des onguents. Mais cet « imposteur » inquiète les autorités religieuses par ses idées un peu trop progressistes pour l’époque.

Combien de temps Nostradamus demeura-t-il à Agen ? On ne le sait ! Peut-être trois ans, peut-être cinq ans. Les points de repères manquent et l’on ne peut offrir que des dates élastiques. Vers 1534[8] Nostradamus s’y choisit une femme dont on ne sait même pas le nom[9], qui lui aurait donné deux enfants : garçon et fille. Tous trois moururent, très rapidement semble-t-il, à l’occasion de quelque épidémie, la peste vraisemblablement.

D’après certains commentateurs catholiques des Prophéties – Barrere, l’abbé Torne-Chavigny notamment – « Nostradamus aurait dit en 1534 à un « frère » qui coulait une statue de Notre-Dame dans un moule d’étain qu’en faisant de pareilles images il ne faisait que de diableries ». D’aucuns pensent que ses relations avec un certain Philibert Sarrazin, mécréant de l’époque et qui sentait le fagot dans la région d’Agen, avaient rendu Nostradamus plutôt suspect à la Sainte Inquisition[10]. Celle-ci l’aurait même invité à se présenter devant son tribunal de Toulouse pour « y être jugé du crime d’hérésie; mais il se garda bien de répondre à cette citation »[11].

Après la mort de sa première femme, Nostradamus se serait remis à voyager. On l’aurait trouvé à Bordeaux, vers l’an 1539 . Les commentateurs tardifs Moura et Louvet se le représentent en la compagnie de savants renommés de l’époque et du cru : l’apothicaire Léonard Baudon, Johannes Tarraga, Carolus Seninus et Jean Treilles, avocat.

Nostradamus accomplit de 1540 à 1545 un tour de France qui l’amène à rencontrer de nombreuses personnalités, savants et médecins. La légende signale le passage du futur prophète à Bar-le-Duc. Nostradamus y aurait soigné, d’après Etienne Jaubert[12], plusieurs personnes et notamment une célèbre (?) Mademoiselle Terry qui l’aurait souvent entendu « exhorter les catholiques à tenir ferme contre les Luthériens et à ne permettre qu’ils entrassent dans la ville»[13].

Une tradition très douteuse affirme qu’il a séjourné un temps à l’abbaye d’Orval, qui dépendait de l’Ordre de Cîteaux, située alors au diocèse de Trêves, à deux lieues de l’actuelle sous-préfecture de Montmédy, un séjour que Pagliani, après plusieurs autres, date de 1543 [14]. On ne sait s’il faut y ajouter foi, même si, avec Torne-Chavigny, beaucoup de gens lui attribuent les fameuses prophéties d’Orval, Prévisions d’un solitaire, que d’autres assurent être d’un autre médecin astrologue Olivarius. (On les aurait trouvées à l’abbaye d’Orval en 1792. La première serait datée de 1542, antérieure donc de treize ans, comme on le verra plus loin, à la préface des premières Centuries.)

Ici se termine le cycle de pérégrinations du médecin Nostradamus qui l’a mené en somme, après sa thèse, du Sud-Ouest au Nord-Est de la France. Nostradamus atteint la quarantaine (1543) et commence une seconde phase de déplacements qui va le rapprocher de la Provence et le pousser vers l’Italie, terre bénie de tous ceux qui connurent à son époque l’ivresse de la Renaissance.

Les premières étapes de ce périple sont probablement Vienne, puis «Valence des Allobroges», dont parle Nostradamus dans son Traité des fardemens et confitures à propos des célébrités qu’il s’honora d’y avoir rencontrées: «A Vienne, je vis d’aucuns personnages dignes d’une supprême collaudation ; dont l’un estoit Hieronymus, homme digne de louange, et Franciscus Marins, jeune homme d’une expectative de bonne foy. Devers nous, ne avons que Francisons Valeriola pour sa singulière humanité, pour son sçavoir prompt et mémoire ténacissime… Je ne sçays si le soleil, à trente lieues à la ronde, voit ung homme plus plein de sçavoir que luy[15]».

En 1544, Nostradamus aurait eu l’occasion d’étudier la peste à Marseille[16] sous la direction, a-t-il dit, d’un « autre Hippocrate, le médecin Louis Serres »[17]. Puis, il est «appelé par ceux d’Aix en corps de communauté pour venir dans leur ville traiter les malades de la contagion dont elle est affligée. C’était en l’année mil cinq cent quarante six»[18]».

On le voit certainement à Lyon en 1547 où il s’oppose au médecin lyonnais Philibert Sarrazin[19], à Vienne, Valence, Marseille, Aix-en-Provence et, enfin, à Arles, où il finit par s’établir. Là, il met au point un médicament à base de plantes, capable, selon lui, de prévenir la peste. En 1546, il l’expérimente à Aix lors d’une terrible épidémie : son remède semble efficace comme prophylactique, mais il écrira lui-même plus tard que « les seignées, les medicaments cordiaux, catartiques, ne autres n’avoyent non plus d’efficace que rien. » (Traité des fardemens et confitures, Lyon, 1555, p. 52) Malgré ce succès douteux, Nostredame est appelé sur les lieux où des épidémies sont signalées. À la même époque, il commence à publier des almanachs qui mêlent des prévisions météorologiques, des conseils médicaux et des recettes de beauté par les plantes. Il étudie également les astres.

La Maison de Nostradamus à Salon-de-Provence.

La Maison de Nostradamus à Salon-de-Provence.

Le ­11 novembre 1547, il épouse en secondes noces Anne Ponsard, une jeune veuve de Salon-de-Provence, alors appelé Salon-de-Craux. Le couple occupe la maison qui abrite aujourd’hui le Musée Nostradamus. Il aura six enfants, dont trois filles et trois garçons ; l’aîné, César, deviendra consul de Salon, historien, biographe de son père, peintre et poète.

Nostredame prend le temps de voyager en Italie, de 1547 à 1549. C’est d’ailleurs en 1549 qu’il rencontre à Milan un spécialiste en alchimie végétale, qui lui fait découvrir les vertus des confitures qui guérissent. Il expérimente des traitements à base de ces confitures végétales et, de retour en France, il publie en 1552 son Traité des confitures et fardements.

En 1550 il rédigé son premier « almanach » populaire – une collection de prédictions dites astrologiques pour l’année, incorporant un calendrier et d’autres informations en style énigmatique et polyglotte qui devait se montrer assez difficile pour les éditeurs, à en juger par les nombreuses coquilles (où certains voient le signe que l’auteur était dyslexique). Dès cette date, Michel de Nostredame signe ses quatrains du nom de Nostradamus. Ce nom n’est pas l’exacte transcription latine de Nostredame, qui serait plutôt Domina nostra ou Nostra domina. En latin correct, Nostradamus pourrait signifier : « Nous donnons (damus) les choses qui sont nôtres » ou « Nous donnons (damus) les panacées » (nostrum, au pluriel), mais il est également permis d’y voir un travestissement macaronique (et très heureux) de Nostredame.

En 1555, installé à Salon-de-Provence, il publie des prédictions perpétuelles (par opposition aux présages annuels) dans un ouvrage de plus grande envergure et presque sans dates ciblées, publié par l’imprimeur lyonnais Macé (Matthieu) Bonhomme. Ce sont les Prophéties, l’ouvrage qui fait l’essentiel de sa gloire auprès de la postérité.

Sa renommée est telle qu’il devient l’un des astrologues attitrés de Catherine de Médicis, qui l’appelle à la cour et le fera nommer médecin et conseiller du roi Charles IX en 1564. Puis, il repart à Salon, où Charles IX, puis Henri de Navarre (le futur Henri IV) vont lui rendre visite.

C’est pourtant sur ordre du jeune roi Charles IX que, quelques années avant, dans le château de Marignane, le comte de Tende, seigneur de Marignane et gouverneur de Provence, avait tenu Nostradamus en prison. De passage à Salon le 16 décembre 1561, le comte fit arrêter Nostradamus et l’amena avec lui dans son château de Marignane. Les deux hommes étaient amis et la prison tenait plutôt de la mise en résidence. Le 18 décembre suivant, Claude de Tende écrit au roi: “Au regard de Nostradamus, je l’ay faict saisir et est avecques moi, luy ayant deffendu de faire plus almanacz et pronostications, ce qu’il m’a promis. Il vous plaira me mander ce qu’il vous plaist que j’en fasse.” Nostradamus avait en effet publié ses prédictions pour 1562 sans l’autorisation de l’évêque, contrevenant ainsi à l’ordonnance d’Orléans du 31 janvier 1561[20].

Maladies et mort

Certains prétendent que s’il faut prendre à la lettre ce que Nostradamus, dans la préface de la première édition de ses Prophéties, dit de sa “comitiale agitation hiraclienne”, il souffrait d’épilepsie. (Il parlait plutôt d’un état de transe proche de cela, lors de la révélation.) On peut tenir pour plus assuré (voir Leroy) qu’atteint de la goutte et d’insuffisance cardiaque, il mourut le 2 juillet 1566 à Salon-de-Provence d’un œdème dit cardio-pulmonaire. Son corps repose en l’église Saint Laurent (voir Leroy, Benazra, Brind’Amour, Lemesurier etc. et illustration en version anglaise], à Salon-de-Provence.

Les Prophéties

Les Prophéties. Édition de 1568.

Les Prophéties. Édition de 1568.

Comme on l’a dit, la première édition des Prophéties est de 1555. Plusieurs éditions sont considérées comme piratées ou antidatées, mais on admet en général que l’édition (augmentée) qui porte la date de septembre 1557 fut réellement publiée du vivant de Nostradamus. L’existence d’éditions de 1556 et de 1558 est moins sûre, aucun exemplaire n’ayant survécu. Le livre est partagé en Centuries, une centurie étant, théoriquement, un ensemble de cent quatrains. La septième centurie resta toujours incomplète. La première édition, pleine de références savantes, contient 353 quatrains prophétiques, la dernière, publiée deux ans après la mort de Nostradamus, 942 – soit 58 quatrains de moins que les 1000 qu’il avait annoncés (« parachevant la milliade »).

Les Propheties ont donné lieu à la publication de près de dix mille ouvrages. Parmi les exégètes les plus célèbres, on peut mentionner Anatole Le Pelletier, Vlaicu Ionesco, Jean-Charles de Fontbrune et son père, Serge Hutin et Erika Cheetham, qui croient à la prescience de Nostradamus, et Eugene F. Parker, Edgar Leoni, Louis Schlosser et surtout Pierre Brind’Amour, qui n’y croient pas. D’autres comme Robert Benazra, Michel Chomarat et Daniel Ruzo, se sont appliqués à recenser les éditions de ses œuvres et les ouvrages qui le concernent.

Une première cause de divergence entre interprètes est qu’en raison des méthodes de composition des imprimeurs du 16e siècle, les éditions diffèrent toutes ou presque, aucune ne garantissant une conformité parfaite avec le texte manuscrit original (perdu depuis lors). Pour ajouter à la difficulté, des quatrains (comme par exemple 10,72, qui indique une date précise) font l’objet de désaccords entre les exégètes, notamment quant au sens des mots.

La seconde cause de divergences entre les interprètes tient à Nostradamus lui-même. Son style obscur et son vocabulaire, mélange de vieux français, de latin et de provençal, donnent aux exégètes une grande liberté d’interprétation. Nostradamus, peut-être pour ajouter du mystère à ses quatrains, a employé toutes sortes de figures littéraires. Mais la raison principale de ce style nébuleux serait, si on l’en croit, le désir d’assurer la pérennité de l’œuvre [21]. Nostradamus assure cependant qu’un jour le monde verra que la plupart des quatrains se sont accomplis, ce qui laisse entendre qu’ils seront compris clairement par l’humanité[22].

En attendant, tout évènement cadrant, a posteriori, avec l’une des multiples interprétations possibles d’un quatrain est présenté comme l’interprétation juste – plusieurs interprétations d’une même prophétie cohabitant parfois chez le même exégète[réf. souhaitée]. Un bon nombre des interprètes (surtout les sensationnalistes et les amateurs) qui croient à la prescience de Nostradamus semblent persuadés qu’il a surtout parlé de leur époque.

Le plus célèbre des quatrains réputés prophétiques

Le plus célèbre des quatrains réputés prophétiques de Nostradamus (avec, peut-être le « quatrain de Varennes » IX, 20) est le trente-cinquième de la première centurie (Centurie I, quatrain 35)

Le lyon ieune le vieux surmontera,
En champ bellique par singulier duelle,
Dans cage d’or les yeux luy creuera,
Deux classes vne, puis mourir, mort cruelle.

Selon les adeptes d’une lecture prophétique, ce quatrain ferait référence à la mort d’Henri II.

En juin 1559, le roi Henri II affronte le comte de Montgomery, lors d’un tournoi de chevalerie. Ils auraient porté tous deux un lion comme insigne. Henri II reçut la lance de son adversaire dans son casque (selon certains, en or) et eut l’œil transpercé. Il mourut dix jours plus tard.

On dit parfois (sans références probantes) que, lors de la publication de la première édition des Centuries en 1555, Henri II, dont la femme, Catherine de Médicis, était une fervente admiratrice de Nostradamus, aurait été averti de la présence de ce quatrain mais aurait surtout tenu compte de la présence du mot « duel », qui à son époque désignait surtout un règlement par les armes d’un différend entre deux personnes et ne se serait donc pas méfié lors du tournoi de chevalerie qui lui fut fatal.

Voici ce qu’en dit P. Brind’Amour (qui, pour sa part, pense que Nostradamus interprète un prodige céleste tel que celui qu’on aperçut en Suisse en 1547, montrant un combat entre deux lions) : « Ce quatrain, le plus célèbre des Centuries, fait les délices des amateurs d’occultisme, qui veulent y voir l’annonce du tournoi qui opposa Henri II et le sieur Gabriel de Lorge, comte de Montgomery, le 1er juillet[23] 1559. On sait qu’Henri II, blessé à l’œil par son adversaire, mourut de sa blessure le 10 juillet suivant. Les sceptiques, dont je suis, s’émerveillent de la coïncidence ; les adeptes y voient la preuve de ce qu’ils ont toujours su, à savoir que Nostradamus avait un don de clairvoyance. Pourtant personne à l’époque ne fit le rapprochement. » (Nostradamus astrophile, p. 267; Les premières Centuries ou Propheties, pp. 99-101).

B. Chevignard[24] note lui aussi, que « ni Blaise de Monluc, ni François de Vieilleville, ni Claude de l’Aubespine, ni Brantôme ne mentionnent une quelconque prophétie de l’oracle de Salon à ce propos, mais font état de leurs propres rêves prémonitoires ou d’une prédiction de l’astrologue napolitain Luca Gaurico ».
(Brantôme a bien fait allusion à l’incident, mais ne parle que d’un ‘devin’ qui n’était pas nécessairement Nostradamus).

B. Chevignard[25] relève de plus que, dans ses Présages en prose, à la fin de ce qui concerne le mois de juin 1559 (Henri II fut blessé en juin et mourut en juillet), Nostradamus, après avoir écrit « Quelque grand Prince, Seigneur & dominateur souverain mourir, autres defaillir, & autres grandement pericliter », ce qui fait s’écrier à son dévoué exégète Chavigny : « Icy infailliblement est presagée la mort du Roy Henry II », avait ajouté immédiatement après : « La France grandement augmenter, triompher, magnifier, & beaucoup plus le sien Monarque », d’où ce second commentaire de Chavigny : « Ceci est dit pour deguiser le fait. »

Chavigny, d’ailleurs, n’a pas, lui non plus, interprété le quatrain I, 35 comme annonçant la mort d’Henri II. Cette interprétation n’est pas attestée avant l’ Histoire et chronique de Provence, de César de Nostredame, 1614, p. 782.

Quelques quatrains qui semblent avoir été copiés

Dans l’ Épître à Henri Second qui précède les trois dernières Centuries de ses Prophéties, Nostradamus semble dire que ses dons de voyant lui révélaient parfois non l’avenir mais le passé : « supputant presque autant des aventures du temps à venir, comme des âges passés »[26].
Son admiratif interprète Chavigny intitula d’ailleurs Le Janus françois un livre où il expliquait certains quatrains par des évènements antérieurs à leur publication.
Dans des lettres publiées en 1724 par le Mercure de France, un anonyme relevait lui aussi des «prophéties» de Nostradamus qui semblaient tournées vers le passé et, à la différence de Chavigny, il en concluait que Nostradamus se moquait de son lecteur.
L’existence de « quatrains du passé » a reçu plusieurs confirmations, surtout grâce aux travaux de Pierre Brind’Amour, qui datent des dernières années du XXe siècle. On a ainsi découvert des emprunts très nets à l’astrologue Richard Roussat, à l’érudit florentin Petrus Crinitus et à des auteurs antiques comme Tite-Live, Julius Obsequens etc.

Voici quelques exemples.

  • Centurie 1, quatrains 1 et 2:
Estant assis de nuit secret estude,
Seul repousé sur la selle d'ærain,
Flambe exigue sortant de solitude
Fait proferer qui n'est à croire vain.
La verge en main mise au milieu de Branches,
De l'onde il moulle & le limbe & le pied.
Vn peur (conjecture : Vapeur) & voix fremissent par les manches,
Splendeur diuine. Le diuin prés s'assied.

Petrus Crinitus, De honesta Disciplina, réédité à Lyon en 1543, livre 20, rapporte, d’après Jamblique (traduit en latin par Marsile Ficin), comment les Sibylles pratiquaient la divination “à Branches” (“in Branchis”). En quelques lignes, il est question d’un “souffle ou feu ténu” (“tenuem spiritum et ignem”); d’une pythie assise “sur un siège d’airain” (“super aeneam sellam”), d’une autre qui tient “une verge dans sa main” (“virgam manu gestat”), baigne dans l’eau ses pieds et la bordure de ses vêtements (“pedes limbumque undis proluit”) ou encore aspire la “vapeur” (“vaporem”) et est emplie de “splendeur divine” (“divino splendore”).

(Noté par P.Brind’Amour, 1996, p. 45-51.)

  • Centurie 1, quatrain 42 :
Le dix Kalendes d'Apuril de faict Gotique (conjecture : Gnostique)
Resuscité encor par gens malins:
Le feu estainct, assemblée diabolique
Cherchant les or du d'Amant & Pselyn.

Dans le même livre de Petrus Crinitus, l. 7, ch. 4, il est question de Gnostiques (“Gnostici”) qui, cherchant à profiter des enseignements de Psellus et d’Origène Adamantius (“Psellus, Origenes Adamantius”), s’assemblent (“convenire”) le dix des Calendes d’avril (“X. Cal. Apri.”) et, toutes lumières éteintes (“luminibus extinctis”), commettent des abominations.

(Noté par P. Brind’Amour, 1996, p. 108-112.)

  • Centurie 2, quatrain 41 :
La grand'estoile par sept iours bruslera,
Nuée fera deux soleils apparoir:
Le gros mastin toute nuit hurlera
Quand grand pontife changera de terroir.

Julius Obsequens, Livre des Prodiges, raconte qu’après l’assassinat de Jules César, “une étoile brûla pendant sept jours. Trois soleils brillèrent (…). Des hurlements de chiens furent entendus de nuit devant la maison du grand pontife (…).”[27]

  • Centurie 5, quatrains 6 et 75 :
Au roy l'Augur sur le chef la main mettre,
Viendra prier pour la paix Italique :
A la main gauche viendra changer le sceptre
De Roy viendra Empereur pacifique.
Montera haut sur le bien [conjecture : lieu] plus à dextre,
Demourra assis sur la pierre quarrée :
Vers le midy posé à la senestre,
Baston tortu en main, bouche serrée.

Tite-Live raconte ainsi l’inauguration du roi Numa Pompilius :
« Alors, sous la conduite de l’augure (…), Numa se rendit à la citadelle et s’assit sur une pierre face au midi. L’augure prit place à sa gauche, la tête voilée et tenant de la main droite un bâton recourbé et sans nœud appelé lituus. De là, embrassant du regard la ville et la campagne, il (…) marqua dans le ciel les régions par une ligne tracée de l’est à l’ouest et spécifia que les régions de droite étaient celles du midi, les régions de gauche celles du nord (…). Puis, faisant passer le lituus dans sa main gauche, et plaçant la droite sur la tête de Numa, [il demanda un signe de la part des dieux]. [28]»
Immédiatement après, Tite-Live dit que Numa fut un roi pacifique qui éleva le temple de Janus pour symboliser la paix, et il loue l’empereur régnant, Auguste, d’être lui aussi pacifique[29].

(Noté par G. Dumézil 1984.)

  • Centurie 6, quatrain 100 :
LEGIS CANTIO CONTRA INEPTOS CRITICOS

Quos legent hosce versus, maturè censunto :
Profanum vulgus, & inscium ne attrestato :
Omnesque Astrologi, Blenni, Barbari procul sunto :
Qui aliter facit, is ritè, sacer esto.

Petrus Crinitus, à la fin de son De honesta disciplina, déjà cité, avait mis cette strophe latine :

Legis cautio contra ineptos criticos

Quoi legent hosce libros, maturè censunto :
Profanum uolgus & inscium, ne attrectato :
Omnesque legulei, blenni, barbari procul sunto :
Qui aliter faxit, is ritè sacer esto.

(Noté par Brind’Amour, 1990, p. 99-100)

  • Centurie 7, quatrain 41 :
Les os des pieds et des mains enserrés,
Par bruit maison longtemps inhabitée;
Seront par songes concavant déterrés,
Maison salubre et sans bruit habitée.

Pline le Jeune, Lettres, VII, 27 : « Il y avait à Athènes une maison vaste et spacieuse, mais décriée et funeste. Dans le silence de la nuit, on entendait un bruit de fer (…) et un froissement de chaînes (…). Bientôt apparaissait le spectre : (…) ses pieds étaient chargés d’entraves et ses mains de fers qu’il secouait. (…) Aussi, dans la solitude et l’abandon auquel elle était condamnée, cette maison resta livrée tout entière à son hôte mystérieux. (…) [Le philosophe Athénodore loue la maison et y veille la nuit. Le spectre survient et l'invite à le suivre dans la cour, où il disparaît. Athénodore marque le lieu.] Le lendemain, il va trouver les magistrats et leur conseille de fouiller en cet endroit. On y trouva des ossements enlacés dans des chaînes. (…) On les rassembla, on les ensevelit publiquement et, après ces derniers devoirs, le mort ne troubla plus le repos de la maison. » (trad. De Sacy et Pierrot)

(Noté par E. Gruber, p. 193.)

  • Centurie 9, quatrain 20 :
De nuit viendra par la forest de Reines
Deux pars vaultorte Herne la pierre blanche,
Le moine noir en gris dedans Varennes
Esleu cap. cause tempeste feu, sang tranche.

Dans La Guide des chemins de France, édité(e) chez Charles Estienne en 1553, les pages 137 à 140 concernent les confins du Maine et de la Bretagne, à raison de quelques brèves lignes par page.
On y trouve les mentions suivantes :
p. 137 : Vaultorte, Heruee (probablement coquille pour l’actuelle Ernée), un ruisseau “faisant le depart (cfr. les deux pars de Nostradamus) de la comté du Maine et de la duché de Bretaigne”;
p. 138 : Forest de Renes;
p. 139 : Varennes;
p. 140 : la pierre blanche.

(Noté par Chantal Liaroutzos, 1986)

Certaines découvertes dans ce sens ont été présentées directement sur Internet, sans publication antérieure en livre ou en revue. C’est ainsi que L. de Luca[30] a découvert que la strophe latine mise par Nostradamus dans le prologue de sa Paraphrase de Galien est tirée des Inscriptiones sacrosanctae vetustatis, ouvrage de Petrus Apianus et Bartholomeus Amantius, édité à Ingolstadt en 1534. (Cet emprunt avait échappé à P. Brind’Amour, édition des Premières Centuries, Droz, 1996, p. 277.)
De mëme, P. Guinard[31] a découvert qu’Ulrich von Hutten est cité très souvent dans les Présages de Nostradamus et qu’il a fourni de la matière à un au moins des quatrains des Prophéties :
” Bis petit obscurum et condit se Luna tenebris
Ipse quoque obducta pallet ferrugine frater. ”
(” Deux fois la Lune cherche l’obscurité et se cache dans les ténèbres,
Et son frère lui-même pâlit, couvert d’une couleur ferrugineuse “)
(Ulric von Hutten, Poemata, éd. Böcking, p.253, reproduit sur le site de l’université de Mannheim)
” Lune obscurcie aux profondes tenebres,
Son frere pasle de couleur ferrugine ”
(Nostradamus, Prophéties, I, 84.)

Peter Lemesurier et Gary Somai ont également fait des rapprochements intéressants. Voir le site http://www.placeoftheskull.com/

Faux

Juste après les attentats du 11 septembre 2001, le texte suivant a beaucoup circulé sur Internet :

In the City of God there will be a great thunder,
Two brothers torn apart by Chaos,
while the fortress endures,
the great leader will succumb,
The third big war will begin when the big city is burning 

traduction:
Dans la cité de Dieu il y aura un grand tonnerre
Deux frères seront séparés par le chaos
Pendant que la forteresse endure
Le grand meneur succombera
La troisième grande guerre commencera quand la grande cité brulera

Ce texte n’est pas un quatrain de Nostradamus (ce n’est même pas un quatrain), il fut écrit en 1997 et publié sur une page web par Neil Marshall, étudiant canadien de Brock University, qui voulait montrer qu’on pouvait fabriquer à la manière de Nostradamus des prophéties assez ambiguës pour supporter de nombreuses interprétations. Ce qui concerne la troisième grande guerre n’est pas de Neil Marshall et fut ajouté après les attentats du 11 septembre. (http://www.snopes.com/rumors/predict.htm#brothers).

Les Sizains, qui furent publiés pour la première fois au XVIIe siècle, sont considérés comme faux même par les partisans de la prescience de Nostradamus, car ils ne sont pas dans son style et son vocabulaire et sont beaucoup plus explicites que les quatrains centuriques. Par exemple, le sizain 52 :

La grand'Cité qui n'a pain à demy
Encor un coup la sainct Barthelemy
Engravera au profond de son ame:
Nisme, Rochelle, Geneve & Montpellier,
Castres Lyon, Mars entrant au Bélier,
S'entrebatteront: le tout pour une Dame

évoquerait le Massacre de la Saint-Barthélemy, le 24 août 1572. La grand’Cité serait Paris. Nisme, Rochelle, Geneve & Montpellier sont les quatre principales villes protestantes. une Dame indiquerait Catherine de Médicis.

Il existe aussi la traduction française d’un mélange de canulars, volontairement troublant, répandu en anglais après les attentats du 11 septembre 2001 (voir ci-dessus), et qui, il est bien évident, manquent de la rime et la scansion métrique qui caractérisent le « vers commun » qu’utilisait Nostradamus :

Dans l'année du nouveau siècle et neuf mois,
Du ciel viendra un grand roi de terreur...
Le ciel brûlera à quarante-cinq degrés.
Le feu approche la grande nouvelle ville...
Dans la ville d'York, il y aura un grand effondrement,
Deux frères jumeaux déchirés par le chaos
Tandis que la forteresse tombe le grand chef succombera
La troisième grande guerre commencera quand la grande ville brûlera.

Voir aussi

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Bibliographie

  • Jean-Aimé de Chavigny, Recueil des présages prosaïques de M. Michel de Nostradame lors qu’il vivoit, conseillier du Roy treschr(est)ien Charles IX du nom, et Médecin ordinaire de sa Magte (1589)
  • Garencières, Théophile de: The true prophecies or prognostications of Michel Nostradamus, Londres, 1672. Traduction anglaise des Prophéties de Nostradamus. A repéré dans les deux premiers vers du quatrain VI, 89 une citation d’un passage de Plutarque (Vies, Artaxerxès, ch. 16) sur le supplice du “scaphisme”.
  • Palamède Tronc du Coudoulet, (Abrégé de la vie de Michel Nostradamus, suivi d’une nouvelle découverte de ses quatrains (1701)
  • Jean Le Roux, La Clef de Nostradamus, Isagoge ou Introduction au véritable sens des Prophéties de ce fameux auteur, avec la critique touchant les sentimens & interprétations de ceux qui ont ci-devant écrit sur cette matière (1710). Eut le mérite de prôner une étude philologique du texte de Nostradamus (latinismes, étymologismes, figures de style, prosodie).
  • Pierre-Joseph de Haitze, La Vie de Nostradamus (1711)
  • Anonyme, Lettre critique sur la personne et sur les écrits de Michel Nostradamus, Mercure de France, août et novembre 1724. Relève, dans un esprit rationaliste, des coïncidences entre certains quatrains des Prophéties et des évènements antérieurs à la publication de ces quatrains. Tout n’est pas également convaincant, mais on repoussera difficilement, par exemple, le rapprochement entre le quatrain VIII, 72 et le siège de Ravenne de 1512.
  • H. Torné-Chavigny, L’Histoire prédite et jugée par Nostradamus. Texte de l’édition de 1566, à Lyon, par Pierre Rigaud. Preuves tirées des auteurs les plus connus, 1860. P. Brind’Amour prise peu cet auteur mais lui sait gré d’avoir reconnu en Savonarole une source de l’Epître à César.
  • Anatole Le Pelletier, Les Oracles de Michel de Nostredame, Astrologue, Médecin et Conseiller Ordinaire des Rois Henri II, Francois II et Charles IX. Edition ne varietur, comprenant : 1° Le Texte-type de Pierre Rigaud (Lyon, 1558-1566), d’après l’édition-princeps conservée à la Bibliothèque de Paris, avec les variantes de Benoist Rigaud (Lyon, 1568) et les Suppléments de la réédition de M.DCV ; 2° Un Glossaire de la langue de Nostredame, avec Clef des Noms énigmatiques ; 3° Une Scholie historique des principaux Quatrains (1867)
  • Eugen Parker, « La légende de Nostradamus et sa vie réelle », Revue du Seizième Siècle, tome X, 1923, pp.93-106, 148-158. (À la suite de l’anonyme du Mercure de France, explique certains quatrains des Prophéties par des évènements qui leur sont antérieurs.)
  • Jean Moura et Paul Louvet, La vie de Nostradamus (1930)
  • Jacques Boulanger, Nostradamus (1933)
  • Raoul Busquet, Nostradamus, sa famille et son secret (1950)
  • Eugène Lhez, “Aperçu d’un fragment de la correspondance de Michel de Nostredame”, Provence Historique, t.11, 1961.
  • Eugène Lhez, “L’ascendance paternelle de Michel de Nostredame”, Provence Historique, t.18, 1968.
  • Éric Muraise, Saint-Rémy de Provence et les Secrets de Nostradamus (1969)
  • Jean-Charles de Fontbrune, Nostradamus, historien et prophète. Ses prophéties de 1555 à l’an 2000 (1980) Cet ouvrage est nommé ici compte tenu du grand succès que lui fit le public.
  • Jean Dupèbe, Nostradamus: Lettres inédites (1983) Édition scientifique.
  • Georges Dumézil, «…Le moyne noir en gris dedans Varennes» Sotie nostradamique (1984). Dumézil déçoit le lecteur rationaliste (deux ans avant la bombe de Chantal Liaroutzos, il soutient l’interprétation traditionnelle du quatrain de Varennes comme annonçant la fuite de Louis XVI), mais il s’est aperçu que Nostradamus « trichait » parfois et il en donne deux très bons exemples : les quatrains V, 6 et V, 75, très probablement inspirés de l’inauguration du roi Numa telle que racontée par Tite-Live.
  • Louis Schlosser, La vie de Nostradamus, Paris, 1985. Soutient que les Prophéties sont une chronique de la première moitié du seizième siècle (p. 67). Il y a peut-être à glaner, mais l’auteur n’indique guère ses sources et on peut craindre qu’il n’adapte parfois l’histoire aux besoins de sa thèse. Par exemple, où a-t-il trouvé que, conformément au quatrain I, 86, Marie de Hongrie était dévêtue quand elle traversa le Danube lors de la bataille de Mohacs (p. 69-70) ? Le rapprochement qu’a fait Brind’Amour entre ce quatrain et l’héroïne romaine Clélie est beaucoup plus convaincant.
  • Chantal Liaroutzos, « Les prophéties de Nostradamus : suivez la Guide », in Réforme, Humanisme et Renaissance 23 (Lyon, 1986). Révéla que des enfilades toponymiques des Prophéties, et notamment celle du fameux quatrain de Varennes, ont certainement été empruntées au Guide des Chemins de France, de Charles Estienne. (Selon J. Halbronn, les Voyages, du même Charles Estienne, ont encore plus de points de rencontre avec les Prophéties.)
  • Michel Chomarat, avec la collaboration de Jean-Paul Laroche, Bibliographie Nostradamus XVIe – XVIIe – XVIIIe siècles, Baden-Baden et Bouxwiller, 1989. (« Indispensable pour toute recherche sur Nostradamus. » Chevignard.)
  • Michel Dufresne, Dictionnaire Nostradamus, Chicoutimi (Québec), éd. J.C.L., 1989. Définition, fréquence et contexte de chacun des six mille mots contenus dans l’édition de 1605 des Centuries.
  • Robert Benazra, Répertoire chronologique nostradamique, 1990. Recommandé par tous les spécialistes universitaires de Nostradamus.
  • Pierre Brind’Amour, Nostradamus et l’histoire romaine, dans Hommage à la mémoire de Ernest Pascal (dans Cahiers des Études anciennes, t. 23), 1990, t. 1, pp. 55-65. Élucide diverses allusions à l’histoire de la Rome antique éparses dans les Prophéties. Semble ignorer qu’il a été précédé par Dumézil dans l’interprétation des quatrains V, 6 et V, 75.
  • Pierre Brind’Amour, Nostradamus Astrophile, 1993. Ce livre révéla les emprunts de Nostradamus au De honesta disciplina, de Petrus Crinitus.
  • Pierre Brind’Amour, Nostradamus. Les premières Centuries ou Prophéties, 1996. Édition savante de l’Epître à César et des 353 premiers quatrains. Repère de façon très convaincante de nombreux emprunts de Nostradamus à des livres édités à son époque.
  • Jacques Halbronn, Le texte prophétique en France, formation et fortune, Thèse, Paris X-Nanterre. Dir.: Jean Céard, 1999. (à lire sur propheties.it) Dans cette thèse et dans divers articles, l’auteur soutient que toutes les éditions anciennes conservées des Prophéties attribuées à Nostradamus sont antidatées et ne sont pas l’œuvre de Nostradamus mais de faussaires du temps de la Ligue. Cette thèse n’a pas recueilli beaucoup de suffrages et on peut penser que l’auteur a fait moins de sceptiques quand il a proposé une hypothèse sur la source des allusions à l’histoire d’Angleterre (Les Centuries et l’Angleterre. La question des sources, 2005. [1]. Voir aussi de cet auteur, son post doctorat (EPHE Ve section, 2007): “Le dominicain Jean Giffré de Réchac et la naissance de la critique nostradamienne au XVIIe siècle”. 4*. L’auteur penche actuellement pour une première diffusion manuscrite qui n’aurait été imprimée qu”au début des années 1580.
  • Roger Prévost, Nostradamus, le mythe et la réalité, 1999. Analyse des origines historiques des Propheties, mais en ignorant toutes les éditions qui ont précédé celle de 1568.
  • Bernard Chevignard, Présages de Nostradamus, 1999. (Livre I d’une édition scientifique des Almanachs.)
  • Dr. Lucien de Luca, Logodaedalia, 2001. (A notamment découvert dans le quatrain V, 31, un emprunt au poème médiéval Architrenius ou Archithrenius. Le même auteur a découvert que la strophe latine citée par Nostradamus dans sa Paraphrase de C. Galen provient du livre Inscriptiones sacrosanctae vetustatis, de Petrus Apianus et Bartholomeus Amantius, édité à Ingolstadt en 1534 ; voir son site Internet Logodaedalia.)
  • Jean-Paul Clébert, Prophéties de Nostradamus, 2003. Éclaire (philologiquement) de nombreux passages des Prophéties par des passages analogues des Présages. L’auteur, qui ne manque pas d’érudition, reconnaît sa dette envers Brind’Amour. On est d’autant plus étonné de le voir parfois conclure à la prescience de Nostradamus sur des bases assez faibles (quatrain IV, 88). Dans un livre antérieur, Nostradamus, mode d’emploi, Paris, 1981, qui n’est qu’une esquisse de celui-ci, il avait envisagé que les indications toponymiques du fameux quatrain de Varennes se rapportent en fait à la province du Maine, conjecture dont Chantal Liaroutzos allait faire une certitude.
  • Elmar R. Gruber, Nostradamus, Sein Leben, sein Werk und die wahre Bedeutung seiner Prophezeiungen, 2003. L’auteur est un tenant du paranormal, mais le présent livre est d’inspiration rationaliste. Il semble que Gruber soit le premier à avoir fait le rapprochement entre le quatrain 7, 41 et la lettre 7, 27 de Pline le Jeune.
  • Peter Lemesurier, The Unknown Nostradamus, 2003 (biographie) et Nostradamus: The Illustrated Prophecies (comprenant de nombreuses gravures contemporaines), qui évoquent tous deux les origines historiques de la plupart des Prophéties
  • Nostradamus, Prophéties. Présentation par Bruno Petey-Girard. Paris, Flammarion, 2003. Edition des Centuries I à VII, considérées comme d’authenticité certaine parce que non posthumes. Sérieux, dans la ligne de Brind’Amour.
  • BROUSSE François (1913-1995)”Nostradamus ressuscité” Tome-I (1996), Tome-II (1997), Tome-III (1998) Éd. La Licorne Ailée, Clamart (France) L’auteur analyse historiquement, ésotériquement, prophétiquement et métaphysiquement de nombreux quatrains de Nostradamus. (À en juger par la page de discussion, la personne qui a ajouté ce livre à la liste est incapable d’en justifier l’intérêt.)
  • Ian Wilson, Nostradamus The Evidence, Londres, éd. Orion, 2002.
  • Dr Edgar Leroy, Nostradamus, ses origines, sa vie, son œuvre, Éditions Jeanne Laffitte, 1993, Ed. Bergerac, 1972.

Liens externes

Notes et références

  1. Dr. Edgard LeRoy, Nostradamus, ses origines, sa vie, son œuvre, p. 59
  2. Pierre Brind’Amour, Nostradamus Astrophile, p. 111
  3. Il existe un acte notarié de mai 1455 entre Pierre de Nostredame et Hugues Véran – Dr. Edgar Leroy, Nostradamus, ses origine, sa vie, son œuvre, p. 14
  4. Dr. Edgard Leroy, Nostradamus, ses origines, sa vie, son oeuvre, p. 24
  5. Chavigny, Janus Gallicus, Lyons 1594.
  6. P. Brind’Amour, Nostradamus astrophile, Ottawa, 1993, pp. 111-115, qui renvoie à V.L. Saulnier, « Médecins de Montpellier au temps de Rabelais », dans Bibliothèque d’Humanisme et Renaissance, t. XIX, 1957, p. 425-479, et à Michel Chomarat et Jean-Paul Laroche, « Nostradamus médecin et apothicaire », dans Cahiers Michel Nostradamus, n° 2, février 1984, p. 20-21.Le Dr. Edgard LeRoy, Nostradamus, ses origines, sa vie, son œuvre ne remet pas lui non plus la qualité de médecin de Nostradamus en question.
  7. Dr. Edgard Leroy, Nostradamus, ses origines, sa vie, son œuvre, p. 60
  8. Il y aura un procès intenté contre lui par les parents de la belle, probablement au sujet de la dot, cette année-là. réf: Dr. Edgard Leroy, Nostradamus, ses origines, sa vie, son œuvre, p. 61
  9. … de subtilitate ad Cardanum. 1557.
  10. Coraddo PAGLIANI, Di Nostradamus et di sue una poco nota iscrizione liminare torinen, Délia Rassegna mensile municipale, Torino, n° 1, Gennaio, 1934, XII.
  11. Torné-Chavigny, Nostradamus éclairci, Saint-Denis-du-Pin, 1874, p. 121.
  12. E. Jaubert, Vie de M. Nostradamus, Amsterdam, 1656
  13. J. MOURA et P. LOUVET, loc. cit., p. 87.
  14. D’après E. Jaubert, Amsterdam, 1656. Cité par P. E. JACOB, Curiosités des sciences occultes. Paris, p. 249.
  15. François Valériolle, d’un an plus jeune que Nostradamus, fit sa philosophie à Paris, fut reçu licencié en médecine à Montpellier en 1531 (Nostradamus y avait pris ses inscriptions en 1529) et s’installe d’abord à Vienne en Dauphiné… En 1544, appelé par les consuls d’Arles, lors d’une épidémie de contagion, son dévouement lui valut la dignité de patricien. Il se fixa dès lors en Arles, où il eut plusieurs enfants dont un fut médecin, Nicolas Valériolle, mort en 1631, auteur, lui aussi, de deux traités sur la peste. François Valériolle vécut encore vingt-huit ans en Arles. Il fut distingué par Charles-Emmanuel de Savoie qui l’appela à Turin en 1572 pour succéder au premier professeur en médecine de l’Université, Jean Argentier, qui venait de mourir. Valériolle dut mourir à Turin en 1580.
  16. Corrado Pagliani, loc. cit., p. 7.
  17. J. MOURA et P. LOUVET, loc. cit., p. 95.
  18. P. J. DE HAITZE, loc. cit., p. 32.
  19. Si l’on en croit Anatole Le Pelletier, à Lyon, le dénommé Antoine (?) Sarrazin prétendait arrêter seul les progrès de la «contagion». Nostradamus lui aurait fait part de son ancienne expérience et des observations qu’il venait de recueillir en Aix. Mais comme Sarrazin n’en voulait pas tenir compte, « qu’il tuait et laissait mourir tous ceux qu’il soignait », les pestiférés « venaient supplier Nostradamus de les guérir en cachette », situation mal commode et ridicule qui ne pouvait durer. Finalement, Nostradamus dut mettre les députés de Lyon en demeure de choisir entre lui-même et Sarrazin – Anatole Le Pelletier, Les Oracles de Michel de Notredame, Paris, 1867, t. 1.
  20. Marcel GERMAIN, Marignane inventaire du patrimoine,2005; Pierre Brind’Amour, Nostradamus astrophile, Ottawa, 1993, p. 42-44 et 103.
  21. Dans sa lettre à Henri II il précise: “Mais l’injure que le temps pourrait y apporter, ô serénissime monarque, requiert que de tels événements secrets ne soient révélés que sous une forme voilée qui n’aura cependant qu’un seul sens et qu’une unique signification, sans y avoir ajouté de calculs ambigus ou équivoques:”
  22. “Premièrement des temples de Dieu, secondement par ceux qui sont terrestrement soustenus s’approcher telle décadence, auecques mille autres calamiteuses aduentures, que par le cours du temps on cognoistra aduenir.”, Nostradamus, Les Centuries, Extrait de l’Épître à Henri II
  23. En fait, le 30 juin.[réf. nécessaire]
  24. B. Chevignard, Présages de Nostradamus, 1999, p. 85, avec références précises aux auteurs en question.
  25. B. Chevignard, Présages de Nostradamus, 1999, p. 87 et 341.
  26. Épître à Henri Second, reproduction en orthographe moderne dans E. Leoni, Nostradamus and his prophecies, New York, 1961, reprint Dover, 2000, p. 326.
  27. Noté par Brind’Amour, 1996, p. 250-3.
  28. Tite-Live, Histoire romaine, livre 1er, ch. 18; trad. G. Baillet, Coll. Budé, Paris, 1997, p. 31.
  29. Tite-Live, livre 1er, ch. 19; Coll. Budé, Paris, 1997, p. 31-32.
  30. L. de Luca, « Nostradamus lecteur d’Apianus », en ligne sur le sits del’auteur et sur cet autre
  31. Voir son site Internet.

Source : Wikipedia

L’histoire du “21/12/2012″, pourquoi tant de prophètes (Nostradamus, Merlin, les textes Mayas et leur calendrier, la sybille et les textes de plusieurs religions) ont prédis une apocalypse “ou un changement majeur dans notre civilisation”…

La planète X est le nom donné à une planète hypothétique du système solaire située au-delà de Neptune. Elle est parfois appelée Perséphone.

Son existence fut postulée à la fin du XIXe siècle sur la base d’anomalies dans l’orbite de Neptune, mais suite aux mesures de la sonde Voyager 2, qui montrèrent que la masse de Neptune avait été mal estimée, il est aujourd’hui admis qu’il n’est pas nécessaire de faire appel à une planète supplémentaire pour expliquer l’orbite de Neptune.

Sommaire

Raisons de l’idée d’une planète X

Beaucoup d’astronomes de la fin du XIXe siècle spéculèrent à propos de l’existence de la planète X. La raison pour cet enthousiasme était que, moins de 50 ans auparavant, la planète Neptune elle-même était découverte sous la direction des mathématiciens Adams et Le Verrier, qui basèrent leurs calculs sur des anomalies des orbites d’Uranus, de Saturne et de Jupiter. Si une planète pouvait être découverte de manière si spectaculaire juste en calculant les différences entre orbite théorique et orbite réelle de planètes déjà découvertes, dirent-ils, alors il y avait de réelles possibilités que les erreurs dans l’orbite de Neptune puissent être expliquées par une nouvelle planète, inconnue.

La loi de Titius-Bode

La loi de Titius-Bode, qui donne une progression dans les positions des planètes, a quelquefois été utilisée pour prédire la présence de nouvelles planètes. D’une part en plaçant entre Mars et Jupiter une planète V qui aurait exité par le passé, corrigeant une anomalie de la loi. D’autre part en prédisant la position d’une planète plus lointaine que les planètes déjà connues.

L’inconvénient de cette démarche est que, vu qu’il n’existe pas d’explication théorique à la loi de Titius-Bode, il est incertain d’employer cette loi de manière prédictive, en particulier s’il faut imaginer des situations passées différentes pour que la loi ne soit pas tout simplement réfutée.

La recherche de la planète X

Percival Lowell (un partisan de la théorie des canaux martiens) appela cette planète hypothétique « planète X ». Il rechercha cette planète par deux fois, sans succès. La première recherche se termina en 1909, la seconde commença en 1913 après avoir revu ses prévisions sur l’endroit où elle devait se trouver.
Cette recherche se termina en 1915, après quoi Lowell publia ses résultats théoriques sur les paramètres de la planète X. Fait ironique, c’est à cette époque que furent prises les premières photos de Pluton, qui fut reconnue comme planète de 1930 à 2006.

Conclusions de la recherche

Pluton fut tout d’abord présumée être la planète X, mais, au vu de sa masse insuffisante pour modifier l’orbite de Neptune, la recherche se poursuivit. Cependant, la raison de ces anomalies fut découverte lorsque la sonde spatiale Voyager 2 remarqua que la masse de Neptune avait été mal calculée. Ces nouvelles données prises en compte, l’orbite anormale de Neptune était expliquée et il n’y avait plus de raison de rechercher une planète X.

Possibilités d’autres planètes X

Nos techniques de détection les plus poussées sont capables de détecter une planète de la même taille que la Terre à 70 UA du Soleil, une de la même taille qu’Uranus à 90 UA, une de la taille de Jupiter à 120 UA (en négligeant ses effets gravitationnels sur le Soleil). Bien sûr, les cieux sont très grands et le plus puissant des télescopes ne peut en regarder qu’une fraction minuscule à la fois. Pour donner une idée des distances, Pluton est à environ 30 UA pour le moment.

Si une neuvième planète existe, il est peu probable qu’elle soit originaire du système solaire : des études détaillées de l’écliptique ont été prises en compte, concluant qu’aucune planète de la taille de la terre ou d’une taille supérieure ne pouvait exister sur le plan de l’écliptique à une distance plus petite que 60 UA. Par conséquent, une neuvième planète devrait être sur une orbite fortement inclinée, et par conséquent avoir été capturée par le système solaire et non formée en même temps que lui. Les recherches de vulcanoïdes n’ont pour leur part rien donné.

Une planète vers Sedna

D’apres les caractéristiques de (90377) Sedna, plusieurs théories suggèrent qu’une planète pourrait influencer son orbite.

La découverte d’Éris

Après le classement de Pluton comme planète, le nom de planète X prenait un sens supplémentaire: le X pouvait désormais être lu comme un dix en numération romaine.

Divers objets de grande taille (plus grands que (1) Cérès) tels que Sedna et Orcus plus petits que Pluton/Charon mais aussi Éris deux fois plus grande ont été découverts, mais ils ne correspondent pas aux objectifs de la recherche, la plupart des astronomes s’accordant à dire qu’ils sont trop petits pour être considérés comme planètes, ils ont même provoqué le déclassement de Pluton qui est maintenant officiellement une planète naine, réduisant du coup le nombre de planètes de notre système à 8.

Sedna avait quelquefois été qualifiée de dixième planète lors de sa découverte. Mais lorsque Éris fut découverte, les médias lui attribuèrent massivement ce titre. De plus, on lui donna à l’époque le nom de codeXéna“, choisi pour le X, et le nom fut souvent employé par erreur comme s’il était le nom définitif. L’objet ayant des chances d’être classé comme une planète, le choix du nom officiel tarda (Éris ne reçu son nom actuel qu’après clarification de son statut). C’est finalement l’obligation de trancher sur le statut d’Éris qui poussa à l’écriture d’une définition précise des planètes. L’objet qu’on présentait comme la dixième planète fut finalement responsable du déclassement de la neuvième.

Planètes nommées (ou autrefois nommées) comme planète X

Mythes autour de la planète X

L’écrivain de l’occulte Zecharia Sitchin, dans son livre la Douzième Planète, décrit la planète Nibiru comme étant située sur une orbite longue, elliptique, entrant dans le système solaire tous les 3600 ans et y causant des modifications des pôles et d’autres catastrophes terriennes. Grâce à sa connaissance du Sumérien, du Sémite et d’autres langues anciennes et grâce à sa recherche et à l’étude de données archéologiques et bibliques recueillies depuis 150 ans, il avança sa thèse selon laquelle les dieux connus dans toutes les anciennes mythologies existaient sous forme réelle, et étaient des aliens humanoïdes, ressemblant beaucoup aux êtres humains, qui étaient venus ici depuis la dixième planète, appelée Planète X dans la presse populaire et Nibiru par les Sumériens. Selon Sitchin, ils créèrent génétiquement notre espèce originellement comme esclaves devant travailler dans des mines d’or, en croisant leurs gênes avec ceux d’Homo erectus.

Les évènements incluant des « dieux » de l’ancien temps et les technologies apportées par eux sont actuellement considérés comme des mythes naïfs. Sitchin et d’autres disent cependant prouver la vérité de leurs théories grâce à des artéfacts et des documents de la grande librairie de Assurbanipal à Ninive, et d’autres sources, déclarant qu’ils montrent des technologies et des connaissances scientifiques fortement en avance sur leur époque. Sitchin dit que ces anciens documents rapportent qu’une société humaine fut instaurée en Sumer sous la tutelle de ces dieux, et que des rois furent nommés en tant qu’intermédiaires, représentants de l’espèce humaine devant l’Annunaki. Il est intéressant de noter que ces anciennes civilisations ne parlaient pas des Annunakis comme des dieux, mais comme des dirigeants.

Cette planète X est toujours considérée comme de la pseudoscience par la plupart des scientifiques et historiens, bien que les théories autour de l’Apocalypse et/ou des transformations spirituelles, véhiculées par le New Age, connaissent un certain succès populaire chez certains. Parmi ceux qui s’accrochèrent à cette théorie figure Mark Hazlewood, qui annonça que cet évènement se produirait en mai 2003 dans son livre Blindsided. Maintenant discréditée comme canular — et pour cause —, ce scénario de fin du monde semble avoir fait monter la vapeur chez les médiums après le tremblement de terre de 2004 en Inde. Certains voient ce scénario comme correspondant avec leur vision des prophéties de l’Apocalypse selon Saint-Jean, bien que la vision de la fin du monde de la plupart des chrétiens n’inclut pas une « Planète X ».

Zecharia Sitchin lui-même a récemment avancé sa propre date pour le prochain passage de Nibiru en 2085, mais la date dont le plus de gens parlent est le 21 décembre 2012, fin du calendrier maya. Cependant, les astronomes jugent cette affirmation, que l’on doit à divers groupements New Age, tout simplement impossible.

Fictions autour de la Planète X

  • Selon Larry Niven, Persephone est une petite géante gazeuse avec une seule lune, Kobold.
  • Dans le sixième film de Godzilla, des aliens connus au Japon sous le nom de X-seijin et en Amérique sous le nom de Xians saluent depuis la Planète X, entre Jupiter et Saturne.
  • Dans Doctor Who, la dixième planète de notre système solaire est appelée Mondas, patries des Cyborgs. Mondas y est la planète jumelle de la terre.
  • Dans Les X-Men, l’expression “planète X” est employée non pas pour désigner une planète supplémentaire, mais pour une saga dans laquelle un mutant prétendant être Magnéto lance un programme d’extermination des non-mutants.
  • Dans Globalement inoffensive, cinquième épisode du Guide du voyageur galactique, écrit de Douglas Adams, les astronomes découvrent une dixième planète qu’ils baptisent Perséphone, mais qui est surnommée Rupert. Une journaliste demande à l’occasion à une astrologue réputée ce qu’elle en pense, avançant que cette découverte était sans doute l’occasion d’établir définitivement que l’astrologie est un mensonge, puisqu’elle a pendant des années fonctionné en négligeant un paramètre essentiel.

Voir aussi

liens externes

Articles connexes

NIBIRU sommes nous pret

Changements planétaire final

Le crâne de cristal est une reproduction en cristal de roche d’un crâne humain. La popularité de ce type d’artefact débute au XIXe siècle parmi les amateurs d’antiquités mésoaméricaines précolombiennes. Considérés comme représentatifs des cultures aztèque et maya, les exemplaires les plus prestigieux sont le « crâne de Paris » (Musée de l’Homme) et le « crâne de Londres » (British Museum), qui feront l’objet de nombreux articles et dont le prêt sera souvent sollicité. Par ailleurs, ces objets attirent dès le début du XXe siècle les amateurs d’ésotérisme, qui leur prêtent une origine surnaturelle, ainsi que des pouvoirs de guérison physique et spirituelle. Le plus remarquable est pour eux celui que l’explorateur F.A Mitchell Hedges prétend avoir découvert dans les années 20 à Belize.
Les fouilles du XXe siècle ne confirment pas la place supposée du crâne de cristal dans les cultures précolombiennes, et dans années 90, les pièces des collections publiques font l’objet d’expertises dont les résultats semblent indiquer qu’il s’agirait d’imitations tardives du XIXe siècle, ou tout du moins de l’époque coloniale pour les plus anciennes. Néanmoins, les crânes de cristal gardent leur pouvoir de fascination1. Malgré leur « pedigree » dégradé, ceux de Paris et de Londres ont retrouvé leur place dans les expositions et le monde New Age croit toujours en leur pouvoir.

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