Portrait de Nostradamuspar son fils, César de Nostredame.Nostradamus, né Michel de Nostredame (14 décembre 1503 à Saint-Rémy-de-Provence – 2 juillet 1566) était un médecin et apothicaire français. Pratiquant l’astrologie comme tous ses confrères à l’époque de la Renaissance, il est surtout connu pour ses prédictions sur la marche du monde.

Nostradamus, né Michel de Nostredame (14 décembre 1503 à Saint-Rémy-de-Provence2 juillet 1566) était un médecin[1][2] et apothicaire français. Pratiquant l’astrologie comme tous ses confrères à l’époque de la Renaissance, il est surtout connu pour ses prédictions sur la marche du monde.

Sommaire

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Biographie

Il est né de Jaume (ou Jacques) de Nostredame et Reynière (ou Renée) de Saint-Rémy. Jaume était l’aîné des six (certains disent dix-huit) enfants du couple (Pierre de Nostredame et Blanche de Sainte-Marie). Le nom des Nostredame vient de son grand-père juif, Guy de Gassonet (fils d’Arnauton de Velorges), qui choisit le nom de Pierre de Nostredame lors de sa conversion au catholicisme, probablement vers 1455[3]. Selon les archives d’Avignon, et selon les archives de Carpentras qui parlent souvent de juifs des autres régions, il est suggéré que l’origine du nom Nostredame fut imposé par le cardinal de Foix[4] de l’archevêque d’Arles, Pierre de Foix. Le grand père de Nostradamus, Pierre de Nostredame était si convaincu de sa foi qu’il a répudié sa femme d’alors (Benastruge Gassonet) qui ne voulait pas quitter le judaïsme. Le curieux “démariage” fut prononcé à Orange le 14 juin 1463 (ce qui lui a permis finalement d’épouser Blanche).

Son enfance

C’est son bisaïeul maternel, Jean de Saint-Rémy, ancien médecin et trésorier de Saint-Rémy, qui lui aurait transmis en 1506 les rudiments des mathématiques et des lettres selon ses propres dires. Mais la trace notariée (Archives dep. des Bouches du Rhône B. 2.607) de ce vieux personnage disparait en 1504.

Ses années d’études

Portrait de Nostradamuspar le Dr. Niel.Portrait de Nostradamus par le Dr. Niel.

Il part très jeune à Avignon pour y obtenir son diplôme de bachelier ès arts. On le disait doué d’une mémoire presque divine, d’un caractère enjoué, plaisant, peut-être un peu moqueur « laetus, facetus estque mordax »[5]. Ses camarades l’auraient appelé « le jeune astrologue », parce « qu’il leur signalait et leur expliquait les phénomènes célestes », mystérieux alors pour beaucoup : les étoiles filantes, les météores, les astres, les brouillards, etc. Il dut apprendre aussi la grammaire, la rhétorique et la philosophie. Mais il doit quitter l’université après un an seulement, à cause de l’arrivée de la peste (fin 1520). Neuf ans plus tard (1529), ayant cependant pratiqué comme apothicaire, il s’inscrit à la Faculté de Montpellier pour y gagner son doctorat en médecine. Il se fait connaître grâce aux remèdes qu’il a mis au point en tant qu’apothicaire, dont les fameuses « boules de senteur ». Mais il est bientôt expulsé pour avoir exercé ce métier « manuel » interdit par les statuts de la faculté [voir site Benazra Espace Nostradamus]. Son inscription de 1529 et sa radiation sont les seules traces de son passage à Montpellier, et on ne connaît pas de document attestant qu’il ait été docteur d’une autre université. Mais, sans être affirmatifs, la plupart des érudits du vingtième siècle pensent qu’il n’est pas impossible que l’expulsion de Nostradamus ait été temporaire et qu’il ait été quand même diplômé de l’université de Montpellier (comme le prétendaient aussi, en ajoutant des détails supplémentaires peu croyables, certains commentateurs très tardifs comme Guynaud et Astruc), car il paraît par des cas précis que les registres de cette université sont incomplets[6]. Nostradamus alla par la suite s’établir à Agen, sans doute parce qu’il entretenait un commerce littéraire avec Scaliger, comme on le verra plus loin. Il avait alors 30 ans.

Mariages et professions

Vers 1533, il s’établit à Agen[7], où il pratique la médecine de soins à domicile. Il s’y lie d’amitié avec Jules César Scaliger. Cet Italien, installé à Toulouse, érudit de la Renaissance, est « un personnage incomparable, sinon à un Plutarque » selon Nostradamus ; il écrit sur tout. Impertinent, il s’attaque à tout le monde, s’intéresse à la botanique et fabrique des pommades et des onguents. Mais cet « imposteur » inquiète les autorités religieuses par ses idées un peu trop progressistes pour l’époque.

Combien de temps Nostradamus demeura-t-il à Agen ? On ne le sait ! Peut-être trois ans, peut-être cinq ans. Les points de repères manquent et l’on ne peut offrir que des dates élastiques. Vers 1534[8] Nostradamus s’y choisit une femme dont on ne sait même pas le nom[9], qui lui aurait donné deux enfants : garçon et fille. Tous trois moururent, très rapidement semble-t-il, à l’occasion de quelque épidémie, la peste vraisemblablement.

D’après certains commentateurs catholiques des Prophéties – Barrere, l’abbé Torne-Chavigny notamment – « Nostradamus aurait dit en 1534 à un « frère » qui coulait une statue de Notre-Dame dans un moule d’étain qu’en faisant de pareilles images il ne faisait que de diableries ». D’aucuns pensent que ses relations avec un certain Philibert Sarrazin, mécréant de l’époque et qui sentait le fagot dans la région d’Agen, avaient rendu Nostradamus plutôt suspect à la Sainte Inquisition[10]. Celle-ci l’aurait même invité à se présenter devant son tribunal de Toulouse pour « y être jugé du crime d’hérésie; mais il se garda bien de répondre à cette citation »[11].

Après la mort de sa première femme, Nostradamus se serait remis à voyager. On l’aurait trouvé à Bordeaux, vers l’an 1539 . Les commentateurs tardifs Moura et Louvet se le représentent en la compagnie de savants renommés de l’époque et du cru : l’apothicaire Léonard Baudon, Johannes Tarraga, Carolus Seninus et Jean Treilles, avocat.

Nostradamus accomplit de 1540 à 1545 un tour de France qui l’amène à rencontrer de nombreuses personnalités, savants et médecins. La légende signale le passage du futur prophète à Bar-le-Duc. Nostradamus y aurait soigné, d’après Etienne Jaubert[12], plusieurs personnes et notamment une célèbre (?) Mademoiselle Terry qui l’aurait souvent entendu « exhorter les catholiques à tenir ferme contre les Luthériens et à ne permettre qu’ils entrassent dans la ville»[13].

Une tradition très douteuse affirme qu’il a séjourné un temps à l’abbaye d’Orval, qui dépendait de l’Ordre de Cîteaux, située alors au diocèse de Trêves, à deux lieues de l’actuelle sous-préfecture de Montmédy, un séjour que Pagliani, après plusieurs autres, date de 1543 [14]. On ne sait s’il faut y ajouter foi, même si, avec Torne-Chavigny, beaucoup de gens lui attribuent les fameuses prophéties d’Orval, Prévisions d’un solitaire, que d’autres assurent être d’un autre médecin astrologue Olivarius. (On les aurait trouvées à l’abbaye d’Orval en 1792. La première serait datée de 1542, antérieure donc de treize ans, comme on le verra plus loin, à la préface des premières Centuries.)

Ici se termine le cycle de pérégrinations du médecin Nostradamus qui l’a mené en somme, après sa thèse, du Sud-Ouest au Nord-Est de la France. Nostradamus atteint la quarantaine (1543) et commence une seconde phase de déplacements qui va le rapprocher de la Provence et le pousser vers l’Italie, terre bénie de tous ceux qui connurent à son époque l’ivresse de la Renaissance.

Les premières étapes de ce périple sont probablement Vienne, puis «Valence des Allobroges», dont parle Nostradamus dans son Traité des fardemens et confitures à propos des célébrités qu’il s’honora d’y avoir rencontrées: «A Vienne, je vis d’aucuns personnages dignes d’une supprême collaudation ; dont l’un estoit Hieronymus, homme digne de louange, et Franciscus Marins, jeune homme d’une expectative de bonne foy. Devers nous, ne avons que Francisons Valeriola pour sa singulière humanité, pour son sçavoir prompt et mémoire ténacissime… Je ne sçays si le soleil, à trente lieues à la ronde, voit ung homme plus plein de sçavoir que luy[15]».

En 1544, Nostradamus aurait eu l’occasion d’étudier la peste à Marseille[16] sous la direction, a-t-il dit, d’un « autre Hippocrate, le médecin Louis Serres »[17]. Puis, il est «appelé par ceux d’Aix en corps de communauté pour venir dans leur ville traiter les malades de la contagion dont elle est affligée. C’était en l’année mil cinq cent quarante six»[18]».

On le voit certainement à Lyon en 1547 où il s’oppose au médecin lyonnais Philibert Sarrazin[19], à Vienne, Valence, Marseille, Aix-en-Provence et, enfin, à Arles, où il finit par s’établir. Là, il met au point un médicament à base de plantes, capable, selon lui, de prévenir la peste. En 1546, il l’expérimente à Aix lors d’une terrible épidémie : son remède semble efficace comme prophylactique, mais il écrira lui-même plus tard que « les seignées, les medicaments cordiaux, catartiques, ne autres n’avoyent non plus d’efficace que rien. » (Traité des fardemens et confitures, Lyon, 1555, p. 52) Malgré ce succès douteux, Nostredame est appelé sur les lieux où des épidémies sont signalées. À la même époque, il commence à publier des almanachs qui mêlent des prévisions météorologiques, des conseils médicaux et des recettes de beauté par les plantes. Il étudie également les astres.

La Maison de Nostradamus à Salon-de-Provence.

La Maison de Nostradamus à Salon-de-Provence.

Le ­11 novembre 1547, il épouse en secondes noces Anne Ponsard, une jeune veuve de Salon-de-Provence, alors appelé Salon-de-Craux. Le couple occupe la maison qui abrite aujourd’hui le Musée Nostradamus. Il aura six enfants, dont trois filles et trois garçons ; l’aîné, César, deviendra consul de Salon, historien, biographe de son père, peintre et poète.

Nostredame prend le temps de voyager en Italie, de 1547 à 1549. C’est d’ailleurs en 1549 qu’il rencontre à Milan un spécialiste en alchimie végétale, qui lui fait découvrir les vertus des confitures qui guérissent. Il expérimente des traitements à base de ces confitures végétales et, de retour en France, il publie en 1552 son Traité des confitures et fardements.

En 1550 il rédigé son premier « almanach » populaire – une collection de prédictions dites astrologiques pour l’année, incorporant un calendrier et d’autres informations en style énigmatique et polyglotte qui devait se montrer assez difficile pour les éditeurs, à en juger par les nombreuses coquilles (où certains voient le signe que l’auteur était dyslexique). Dès cette date, Michel de Nostredame signe ses quatrains du nom de Nostradamus. Ce nom n’est pas l’exacte transcription latine de Nostredame, qui serait plutôt Domina nostra ou Nostra domina. En latin correct, Nostradamus pourrait signifier : « Nous donnons (damus) les choses qui sont nôtres » ou « Nous donnons (damus) les panacées » (nostrum, au pluriel), mais il est également permis d’y voir un travestissement macaronique (et très heureux) de Nostredame.

En 1555, installé à Salon-de-Provence, il publie des prédictions perpétuelles (par opposition aux présages annuels) dans un ouvrage de plus grande envergure et presque sans dates ciblées, publié par l’imprimeur lyonnais Macé (Matthieu) Bonhomme. Ce sont les Prophéties, l’ouvrage qui fait l’essentiel de sa gloire auprès de la postérité.

Sa renommée est telle qu’il devient l’un des astrologues attitrés de Catherine de Médicis, qui l’appelle à la cour et le fera nommer médecin et conseiller du roi Charles IX en 1564. Puis, il repart à Salon, où Charles IX, puis Henri de Navarre (le futur Henri IV) vont lui rendre visite.

C’est pourtant sur ordre du jeune roi Charles IX que, quelques années avant, dans le château de Marignane, le comte de Tende, seigneur de Marignane et gouverneur de Provence, avait tenu Nostradamus en prison. De passage à Salon le 16 décembre 1561, le comte fit arrêter Nostradamus et l’amena avec lui dans son château de Marignane. Les deux hommes étaient amis et la prison tenait plutôt de la mise en résidence. Le 18 décembre suivant, Claude de Tende écrit au roi: “Au regard de Nostradamus, je l’ay faict saisir et est avecques moi, luy ayant deffendu de faire plus almanacz et pronostications, ce qu’il m’a promis. Il vous plaira me mander ce qu’il vous plaist que j’en fasse.” Nostradamus avait en effet publié ses prédictions pour 1562 sans l’autorisation de l’évêque, contrevenant ainsi à l’ordonnance d’Orléans du 31 janvier 1561[20].

Maladies et mort

Certains prétendent que s’il faut prendre à la lettre ce que Nostradamus, dans la préface de la première édition de ses Prophéties, dit de sa “comitiale agitation hiraclienne”, il souffrait d’épilepsie. (Il parlait plutôt d’un état de transe proche de cela, lors de la révélation.) On peut tenir pour plus assuré (voir Leroy) qu’atteint de la goutte et d’insuffisance cardiaque, il mourut le 2 juillet 1566 à Salon-de-Provence d’un œdème dit cardio-pulmonaire. Son corps repose en l’église Saint Laurent (voir Leroy, Benazra, Brind’Amour, Lemesurier etc. et illustration en version anglaise], à Salon-de-Provence.

Les Prophéties

Les Prophéties. Édition de 1568.

Les Prophéties. Édition de 1568.

Comme on l’a dit, la première édition des Prophéties est de 1555. Plusieurs éditions sont considérées comme piratées ou antidatées, mais on admet en général que l’édition (augmentée) qui porte la date de septembre 1557 fut réellement publiée du vivant de Nostradamus. L’existence d’éditions de 1556 et de 1558 est moins sûre, aucun exemplaire n’ayant survécu. Le livre est partagé en Centuries, une centurie étant, théoriquement, un ensemble de cent quatrains. La septième centurie resta toujours incomplète. La première édition, pleine de références savantes, contient 353 quatrains prophétiques, la dernière, publiée deux ans après la mort de Nostradamus, 942 – soit 58 quatrains de moins que les 1000 qu’il avait annoncés (« parachevant la milliade »).

Les Propheties ont donné lieu à la publication de près de dix mille ouvrages. Parmi les exégètes les plus célèbres, on peut mentionner Anatole Le Pelletier, Vlaicu Ionesco, Jean-Charles de Fontbrune et son père, Serge Hutin et Erika Cheetham, qui croient à la prescience de Nostradamus, et Eugene F. Parker, Edgar Leoni, Louis Schlosser et surtout Pierre Brind’Amour, qui n’y croient pas. D’autres comme Robert Benazra, Michel Chomarat et Daniel Ruzo, se sont appliqués à recenser les éditions de ses œuvres et les ouvrages qui le concernent.

Une première cause de divergence entre interprètes est qu’en raison des méthodes de composition des imprimeurs du 16e siècle, les éditions diffèrent toutes ou presque, aucune ne garantissant une conformité parfaite avec le texte manuscrit original (perdu depuis lors). Pour ajouter à la difficulté, des quatrains (comme par exemple 10,72, qui indique une date précise) font l’objet de désaccords entre les exégètes, notamment quant au sens des mots.

La seconde cause de divergences entre les interprètes tient à Nostradamus lui-même. Son style obscur et son vocabulaire, mélange de vieux français, de latin et de provençal, donnent aux exégètes une grande liberté d’interprétation. Nostradamus, peut-être pour ajouter du mystère à ses quatrains, a employé toutes sortes de figures littéraires. Mais la raison principale de ce style nébuleux serait, si on l’en croit, le désir d’assurer la pérennité de l’œuvre [21]. Nostradamus assure cependant qu’un jour le monde verra que la plupart des quatrains se sont accomplis, ce qui laisse entendre qu’ils seront compris clairement par l’humanité[22].

En attendant, tout évènement cadrant, a posteriori, avec l’une des multiples interprétations possibles d’un quatrain est présenté comme l’interprétation juste – plusieurs interprétations d’une même prophétie cohabitant parfois chez le même exégète[réf. souhaitée]. Un bon nombre des interprètes (surtout les sensationnalistes et les amateurs) qui croient à la prescience de Nostradamus semblent persuadés qu’il a surtout parlé de leur époque.

Le plus célèbre des quatrains réputés prophétiques

Le plus célèbre des quatrains réputés prophétiques de Nostradamus (avec, peut-être le « quatrain de Varennes » IX, 20) est le trente-cinquième de la première centurie (Centurie I, quatrain 35)

Le lyon ieune le vieux surmontera,
En champ bellique par singulier duelle,
Dans cage d’or les yeux luy creuera,
Deux classes vne, puis mourir, mort cruelle.

Selon les adeptes d’une lecture prophétique, ce quatrain ferait référence à la mort d’Henri II.

En juin 1559, le roi Henri II affronte le comte de Montgomery, lors d’un tournoi de chevalerie. Ils auraient porté tous deux un lion comme insigne. Henri II reçut la lance de son adversaire dans son casque (selon certains, en or) et eut l’œil transpercé. Il mourut dix jours plus tard.

On dit parfois (sans références probantes) que, lors de la publication de la première édition des Centuries en 1555, Henri II, dont la femme, Catherine de Médicis, était une fervente admiratrice de Nostradamus, aurait été averti de la présence de ce quatrain mais aurait surtout tenu compte de la présence du mot « duel », qui à son époque désignait surtout un règlement par les armes d’un différend entre deux personnes et ne se serait donc pas méfié lors du tournoi de chevalerie qui lui fut fatal.

Voici ce qu’en dit P. Brind’Amour (qui, pour sa part, pense que Nostradamus interprète un prodige céleste tel que celui qu’on aperçut en Suisse en 1547, montrant un combat entre deux lions) : « Ce quatrain, le plus célèbre des Centuries, fait les délices des amateurs d’occultisme, qui veulent y voir l’annonce du tournoi qui opposa Henri II et le sieur Gabriel de Lorge, comte de Montgomery, le 1er juillet[23] 1559. On sait qu’Henri II, blessé à l’œil par son adversaire, mourut de sa blessure le 10 juillet suivant. Les sceptiques, dont je suis, s’émerveillent de la coïncidence ; les adeptes y voient la preuve de ce qu’ils ont toujours su, à savoir que Nostradamus avait un don de clairvoyance. Pourtant personne à l’époque ne fit le rapprochement. » (Nostradamus astrophile, p. 267; Les premières Centuries ou Propheties, pp. 99-101).

B. Chevignard[24] note lui aussi, que « ni Blaise de Monluc, ni François de Vieilleville, ni Claude de l’Aubespine, ni Brantôme ne mentionnent une quelconque prophétie de l’oracle de Salon à ce propos, mais font état de leurs propres rêves prémonitoires ou d’une prédiction de l’astrologue napolitain Luca Gaurico ».
(Brantôme a bien fait allusion à l’incident, mais ne parle que d’un ‘devin’ qui n’était pas nécessairement Nostradamus).

B. Chevignard[25] relève de plus que, dans ses Présages en prose, à la fin de ce qui concerne le mois de juin 1559 (Henri II fut blessé en juin et mourut en juillet), Nostradamus, après avoir écrit « Quelque grand Prince, Seigneur & dominateur souverain mourir, autres defaillir, & autres grandement pericliter », ce qui fait s’écrier à son dévoué exégète Chavigny : « Icy infailliblement est presagée la mort du Roy Henry II », avait ajouté immédiatement après : « La France grandement augmenter, triompher, magnifier, & beaucoup plus le sien Monarque », d’où ce second commentaire de Chavigny : « Ceci est dit pour deguiser le fait. »

Chavigny, d’ailleurs, n’a pas, lui non plus, interprété le quatrain I, 35 comme annonçant la mort d’Henri II. Cette interprétation n’est pas attestée avant l’ Histoire et chronique de Provence, de César de Nostredame, 1614, p. 782.

Quelques quatrains qui semblent avoir été copiés

Dans l’ Épître à Henri Second qui précède les trois dernières Centuries de ses Prophéties, Nostradamus semble dire que ses dons de voyant lui révélaient parfois non l’avenir mais le passé : « supputant presque autant des aventures du temps à venir, comme des âges passés »[26].
Son admiratif interprète Chavigny intitula d’ailleurs Le Janus françois un livre où il expliquait certains quatrains par des évènements antérieurs à leur publication.
Dans des lettres publiées en 1724 par le Mercure de France, un anonyme relevait lui aussi des «prophéties» de Nostradamus qui semblaient tournées vers le passé et, à la différence de Chavigny, il en concluait que Nostradamus se moquait de son lecteur.
L’existence de « quatrains du passé » a reçu plusieurs confirmations, surtout grâce aux travaux de Pierre Brind’Amour, qui datent des dernières années du XXe siècle. On a ainsi découvert des emprunts très nets à l’astrologue Richard Roussat, à l’érudit florentin Petrus Crinitus et à des auteurs antiques comme Tite-Live, Julius Obsequens etc.

Voici quelques exemples.

  • Centurie 1, quatrains 1 et 2:
Estant assis de nuit secret estude,
Seul repousé sur la selle d'ærain,
Flambe exigue sortant de solitude
Fait proferer qui n'est à croire vain.
La verge en main mise au milieu de Branches,
De l'onde il moulle & le limbe & le pied.
Vn peur (conjecture : Vapeur) & voix fremissent par les manches,
Splendeur diuine. Le diuin prés s'assied.

Petrus Crinitus, De honesta Disciplina, réédité à Lyon en 1543, livre 20, rapporte, d’après Jamblique (traduit en latin par Marsile Ficin), comment les Sibylles pratiquaient la divination “à Branches” (“in Branchis”). En quelques lignes, il est question d’un “souffle ou feu ténu” (“tenuem spiritum et ignem”); d’une pythie assise “sur un siège d’airain” (“super aeneam sellam”), d’une autre qui tient “une verge dans sa main” (“virgam manu gestat”), baigne dans l’eau ses pieds et la bordure de ses vêtements (“pedes limbumque undis proluit”) ou encore aspire la “vapeur” (“vaporem”) et est emplie de “splendeur divine” (“divino splendore”).

(Noté par P.Brind’Amour, 1996, p. 45-51.)

  • Centurie 1, quatrain 42 :
Le dix Kalendes d'Apuril de faict Gotique (conjecture : Gnostique)
Resuscité encor par gens malins:
Le feu estainct, assemblée diabolique
Cherchant les or du d'Amant & Pselyn.

Dans le même livre de Petrus Crinitus, l. 7, ch. 4, il est question de Gnostiques (“Gnostici”) qui, cherchant à profiter des enseignements de Psellus et d’Origène Adamantius (“Psellus, Origenes Adamantius”), s’assemblent (“convenire”) le dix des Calendes d’avril (“X. Cal. Apri.”) et, toutes lumières éteintes (“luminibus extinctis”), commettent des abominations.

(Noté par P. Brind’Amour, 1996, p. 108-112.)

  • Centurie 2, quatrain 41 :
La grand'estoile par sept iours bruslera,
Nuée fera deux soleils apparoir:
Le gros mastin toute nuit hurlera
Quand grand pontife changera de terroir.

Julius Obsequens, Livre des Prodiges, raconte qu’après l’assassinat de Jules César, “une étoile brûla pendant sept jours. Trois soleils brillèrent (…). Des hurlements de chiens furent entendus de nuit devant la maison du grand pontife (…).”[27]

  • Centurie 5, quatrains 6 et 75 :
Au roy l'Augur sur le chef la main mettre,
Viendra prier pour la paix Italique :
A la main gauche viendra changer le sceptre
De Roy viendra Empereur pacifique.
Montera haut sur le bien [conjecture : lieu] plus à dextre,
Demourra assis sur la pierre quarrée :
Vers le midy posé à la senestre,
Baston tortu en main, bouche serrée.

Tite-Live raconte ainsi l’inauguration du roi Numa Pompilius :
« Alors, sous la conduite de l’augure (…), Numa se rendit à la citadelle et s’assit sur une pierre face au midi. L’augure prit place à sa gauche, la tête voilée et tenant de la main droite un bâton recourbé et sans nœud appelé lituus. De là, embrassant du regard la ville et la campagne, il (…) marqua dans le ciel les régions par une ligne tracée de l’est à l’ouest et spécifia que les régions de droite étaient celles du midi, les régions de gauche celles du nord (…). Puis, faisant passer le lituus dans sa main gauche, et plaçant la droite sur la tête de Numa, [il demanda un signe de la part des dieux]. [28]»
Immédiatement après, Tite-Live dit que Numa fut un roi pacifique qui éleva le temple de Janus pour symboliser la paix, et il loue l’empereur régnant, Auguste, d’être lui aussi pacifique[29].

(Noté par G. Dumézil 1984.)

  • Centurie 6, quatrain 100 :
LEGIS CANTIO CONTRA INEPTOS CRITICOS

Quos legent hosce versus, maturè censunto :
Profanum vulgus, & inscium ne attrestato :
Omnesque Astrologi, Blenni, Barbari procul sunto :
Qui aliter facit, is ritè, sacer esto.

Petrus Crinitus, à la fin de son De honesta disciplina, déjà cité, avait mis cette strophe latine :

Legis cautio contra ineptos criticos

Quoi legent hosce libros, maturè censunto :
Profanum uolgus & inscium, ne attrectato :
Omnesque legulei, blenni, barbari procul sunto :
Qui aliter faxit, is ritè sacer esto.

(Noté par Brind’Amour, 1990, p. 99-100)

  • Centurie 7, quatrain 41 :
Les os des pieds et des mains enserrés,
Par bruit maison longtemps inhabitée;
Seront par songes concavant déterrés,
Maison salubre et sans bruit habitée.

Pline le Jeune, Lettres, VII, 27 : « Il y avait à Athènes une maison vaste et spacieuse, mais décriée et funeste. Dans le silence de la nuit, on entendait un bruit de fer (…) et un froissement de chaînes (…). Bientôt apparaissait le spectre : (…) ses pieds étaient chargés d’entraves et ses mains de fers qu’il secouait. (…) Aussi, dans la solitude et l’abandon auquel elle était condamnée, cette maison resta livrée tout entière à son hôte mystérieux. (…) [Le philosophe Athénodore loue la maison et y veille la nuit. Le spectre survient et l'invite à le suivre dans la cour, où il disparaît. Athénodore marque le lieu.] Le lendemain, il va trouver les magistrats et leur conseille de fouiller en cet endroit. On y trouva des ossements enlacés dans des chaînes. (…) On les rassembla, on les ensevelit publiquement et, après ces derniers devoirs, le mort ne troubla plus le repos de la maison. » (trad. De Sacy et Pierrot)

(Noté par E. Gruber, p. 193.)

  • Centurie 9, quatrain 20 :
De nuit viendra par la forest de Reines
Deux pars vaultorte Herne la pierre blanche,
Le moine noir en gris dedans Varennes
Esleu cap. cause tempeste feu, sang tranche.

Dans La Guide des chemins de France, édité(e) chez Charles Estienne en 1553, les pages 137 à 140 concernent les confins du Maine et de la Bretagne, à raison de quelques brèves lignes par page.
On y trouve les mentions suivantes :
p. 137 : Vaultorte, Heruee (probablement coquille pour l’actuelle Ernée), un ruisseau “faisant le depart (cfr. les deux pars de Nostradamus) de la comté du Maine et de la duché de Bretaigne”;
p. 138 : Forest de Renes;
p. 139 : Varennes;
p. 140 : la pierre blanche.

(Noté par Chantal Liaroutzos, 1986)

Certaines découvertes dans ce sens ont été présentées directement sur Internet, sans publication antérieure en livre ou en revue. C’est ainsi que L. de Luca[30] a découvert que la strophe latine mise par Nostradamus dans le prologue de sa Paraphrase de Galien est tirée des Inscriptiones sacrosanctae vetustatis, ouvrage de Petrus Apianus et Bartholomeus Amantius, édité à Ingolstadt en 1534. (Cet emprunt avait échappé à P. Brind’Amour, édition des Premières Centuries, Droz, 1996, p. 277.)
De mëme, P. Guinard[31] a découvert qu’Ulrich von Hutten est cité très souvent dans les Présages de Nostradamus et qu’il a fourni de la matière à un au moins des quatrains des Prophéties :
” Bis petit obscurum et condit se Luna tenebris
Ipse quoque obducta pallet ferrugine frater. ”
(” Deux fois la Lune cherche l’obscurité et se cache dans les ténèbres,
Et son frère lui-même pâlit, couvert d’une couleur ferrugineuse “)
(Ulric von Hutten, Poemata, éd. Böcking, p.253, reproduit sur le site de l’université de Mannheim)
” Lune obscurcie aux profondes tenebres,
Son frere pasle de couleur ferrugine ”
(Nostradamus, Prophéties, I, 84.)

Peter Lemesurier et Gary Somai ont également fait des rapprochements intéressants. Voir le site http://www.placeoftheskull.com/

Faux

Juste après les attentats du 11 septembre 2001, le texte suivant a beaucoup circulé sur Internet :

In the City of God there will be a great thunder,
Two brothers torn apart by Chaos,
while the fortress endures,
the great leader will succumb,
The third big war will begin when the big city is burning 

traduction:
Dans la cité de Dieu il y aura un grand tonnerre
Deux frères seront séparés par le chaos
Pendant que la forteresse endure
Le grand meneur succombera
La troisième grande guerre commencera quand la grande cité brulera

Ce texte n’est pas un quatrain de Nostradamus (ce n’est même pas un quatrain), il fut écrit en 1997 et publié sur une page web par Neil Marshall, étudiant canadien de Brock University, qui voulait montrer qu’on pouvait fabriquer à la manière de Nostradamus des prophéties assez ambiguës pour supporter de nombreuses interprétations. Ce qui concerne la troisième grande guerre n’est pas de Neil Marshall et fut ajouté après les attentats du 11 septembre. (http://www.snopes.com/rumors/predict.htm#brothers).

Les Sizains, qui furent publiés pour la première fois au XVIIe siècle, sont considérés comme faux même par les partisans de la prescience de Nostradamus, car ils ne sont pas dans son style et son vocabulaire et sont beaucoup plus explicites que les quatrains centuriques. Par exemple, le sizain 52 :

La grand'Cité qui n'a pain à demy
Encor un coup la sainct Barthelemy
Engravera au profond de son ame:
Nisme, Rochelle, Geneve & Montpellier,
Castres Lyon, Mars entrant au Bélier,
S'entrebatteront: le tout pour une Dame

évoquerait le Massacre de la Saint-Barthélemy, le 24 août 1572. La grand’Cité serait Paris. Nisme, Rochelle, Geneve & Montpellier sont les quatre principales villes protestantes. une Dame indiquerait Catherine de Médicis.

Il existe aussi la traduction française d’un mélange de canulars, volontairement troublant, répandu en anglais après les attentats du 11 septembre 2001 (voir ci-dessus), et qui, il est bien évident, manquent de la rime et la scansion métrique qui caractérisent le « vers commun » qu’utilisait Nostradamus :

Dans l'année du nouveau siècle et neuf mois,
Du ciel viendra un grand roi de terreur...
Le ciel brûlera à quarante-cinq degrés.
Le feu approche la grande nouvelle ville...
Dans la ville d'York, il y aura un grand effondrement,
Deux frères jumeaux déchirés par le chaos
Tandis que la forteresse tombe le grand chef succombera
La troisième grande guerre commencera quand la grande ville brûlera.

Voir aussi

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Bibliographie

  • Jean-Aimé de Chavigny, Recueil des présages prosaïques de M. Michel de Nostradame lors qu’il vivoit, conseillier du Roy treschr(est)ien Charles IX du nom, et Médecin ordinaire de sa Magte (1589)
  • Garencières, Théophile de: The true prophecies or prognostications of Michel Nostradamus, Londres, 1672. Traduction anglaise des Prophéties de Nostradamus. A repéré dans les deux premiers vers du quatrain VI, 89 une citation d’un passage de Plutarque (Vies, Artaxerxès, ch. 16) sur le supplice du “scaphisme”.
  • Palamède Tronc du Coudoulet, (Abrégé de la vie de Michel Nostradamus, suivi d’une nouvelle découverte de ses quatrains (1701)
  • Jean Le Roux, La Clef de Nostradamus, Isagoge ou Introduction au véritable sens des Prophéties de ce fameux auteur, avec la critique touchant les sentimens & interprétations de ceux qui ont ci-devant écrit sur cette matière (1710). Eut le mérite de prôner une étude philologique du texte de Nostradamus (latinismes, étymologismes, figures de style, prosodie).
  • Pierre-Joseph de Haitze, La Vie de Nostradamus (1711)
  • Anonyme, Lettre critique sur la personne et sur les écrits de Michel Nostradamus, Mercure de France, août et novembre 1724. Relève, dans un esprit rationaliste, des coïncidences entre certains quatrains des Prophéties et des évènements antérieurs à la publication de ces quatrains. Tout n’est pas également convaincant, mais on repoussera difficilement, par exemple, le rapprochement entre le quatrain VIII, 72 et le siège de Ravenne de 1512.
  • H. Torné-Chavigny, L’Histoire prédite et jugée par Nostradamus. Texte de l’édition de 1566, à Lyon, par Pierre Rigaud. Preuves tirées des auteurs les plus connus, 1860. P. Brind’Amour prise peu cet auteur mais lui sait gré d’avoir reconnu en Savonarole une source de l’Epître à César.
  • Anatole Le Pelletier, Les Oracles de Michel de Nostredame, Astrologue, Médecin et Conseiller Ordinaire des Rois Henri II, Francois II et Charles IX. Edition ne varietur, comprenant : 1° Le Texte-type de Pierre Rigaud (Lyon, 1558-1566), d’après l’édition-princeps conservée à la Bibliothèque de Paris, avec les variantes de Benoist Rigaud (Lyon, 1568) et les Suppléments de la réédition de M.DCV ; 2° Un Glossaire de la langue de Nostredame, avec Clef des Noms énigmatiques ; 3° Une Scholie historique des principaux Quatrains (1867)
  • Eugen Parker, « La légende de Nostradamus et sa vie réelle », Revue du Seizième Siècle, tome X, 1923, pp.93-106, 148-158. (À la suite de l’anonyme du Mercure de France, explique certains quatrains des Prophéties par des évènements qui leur sont antérieurs.)
  • Jean Moura et Paul Louvet, La vie de Nostradamus (1930)
  • Jacques Boulanger, Nostradamus (1933)
  • Raoul Busquet, Nostradamus, sa famille et son secret (1950)
  • Eugène Lhez, “Aperçu d’un fragment de la correspondance de Michel de Nostredame”, Provence Historique, t.11, 1961.
  • Eugène Lhez, “L’ascendance paternelle de Michel de Nostredame”, Provence Historique, t.18, 1968.
  • Éric Muraise, Saint-Rémy de Provence et les Secrets de Nostradamus (1969)
  • Jean-Charles de Fontbrune, Nostradamus, historien et prophète. Ses prophéties de 1555 à l’an 2000 (1980) Cet ouvrage est nommé ici compte tenu du grand succès que lui fit le public.
  • Jean Dupèbe, Nostradamus: Lettres inédites (1983) Édition scientifique.
  • Georges Dumézil, «…Le moyne noir en gris dedans Varennes» Sotie nostradamique (1984). Dumézil déçoit le lecteur rationaliste (deux ans avant la bombe de Chantal Liaroutzos, il soutient l’interprétation traditionnelle du quatrain de Varennes comme annonçant la fuite de Louis XVI), mais il s’est aperçu que Nostradamus « trichait » parfois et il en donne deux très bons exemples : les quatrains V, 6 et V, 75, très probablement inspirés de l’inauguration du roi Numa telle que racontée par Tite-Live.
  • Louis Schlosser, La vie de Nostradamus, Paris, 1985. Soutient que les Prophéties sont une chronique de la première moitié du seizième siècle (p. 67). Il y a peut-être à glaner, mais l’auteur n’indique guère ses sources et on peut craindre qu’il n’adapte parfois l’histoire aux besoins de sa thèse. Par exemple, où a-t-il trouvé que, conformément au quatrain I, 86, Marie de Hongrie était dévêtue quand elle traversa le Danube lors de la bataille de Mohacs (p. 69-70) ? Le rapprochement qu’a fait Brind’Amour entre ce quatrain et l’héroïne romaine Clélie est beaucoup plus convaincant.
  • Chantal Liaroutzos, « Les prophéties de Nostradamus : suivez la Guide », in Réforme, Humanisme et Renaissance 23 (Lyon, 1986). Révéla que des enfilades toponymiques des Prophéties, et notamment celle du fameux quatrain de Varennes, ont certainement été empruntées au Guide des Chemins de France, de Charles Estienne. (Selon J. Halbronn, les Voyages, du même Charles Estienne, ont encore plus de points de rencontre avec les Prophéties.)
  • Michel Chomarat, avec la collaboration de Jean-Paul Laroche, Bibliographie Nostradamus XVIe – XVIIe – XVIIIe siècles, Baden-Baden et Bouxwiller, 1989. (« Indispensable pour toute recherche sur Nostradamus. » Chevignard.)
  • Michel Dufresne, Dictionnaire Nostradamus, Chicoutimi (Québec), éd. J.C.L., 1989. Définition, fréquence et contexte de chacun des six mille mots contenus dans l’édition de 1605 des Centuries.
  • Robert Benazra, Répertoire chronologique nostradamique, 1990. Recommandé par tous les spécialistes universitaires de Nostradamus.
  • Pierre Brind’Amour, Nostradamus et l’histoire romaine, dans Hommage à la mémoire de Ernest Pascal (dans Cahiers des Études anciennes, t. 23), 1990, t. 1, pp. 55-65. Élucide diverses allusions à l’histoire de la Rome antique éparses dans les Prophéties. Semble ignorer qu’il a été précédé par Dumézil dans l’interprétation des quatrains V, 6 et V, 75.
  • Pierre Brind’Amour, Nostradamus Astrophile, 1993. Ce livre révéla les emprunts de Nostradamus au De honesta disciplina, de Petrus Crinitus.
  • Pierre Brind’Amour, Nostradamus. Les premières Centuries ou Prophéties, 1996. Édition savante de l’Epître à César et des 353 premiers quatrains. Repère de façon très convaincante de nombreux emprunts de Nostradamus à des livres édités à son époque.
  • Jacques Halbronn, Le texte prophétique en France, formation et fortune, Thèse, Paris X-Nanterre. Dir.: Jean Céard, 1999. (à lire sur propheties.it) Dans cette thèse et dans divers articles, l’auteur soutient que toutes les éditions anciennes conservées des Prophéties attribuées à Nostradamus sont antidatées et ne sont pas l’œuvre de Nostradamus mais de faussaires du temps de la Ligue. Cette thèse n’a pas recueilli beaucoup de suffrages et on peut penser que l’auteur a fait moins de sceptiques quand il a proposé une hypothèse sur la source des allusions à l’histoire d’Angleterre (Les Centuries et l’Angleterre. La question des sources, 2005. [1]. Voir aussi de cet auteur, son post doctorat (EPHE Ve section, 2007): “Le dominicain Jean Giffré de Réchac et la naissance de la critique nostradamienne au XVIIe siècle”. 4*. L’auteur penche actuellement pour une première diffusion manuscrite qui n’aurait été imprimée qu”au début des années 1580.
  • Roger Prévost, Nostradamus, le mythe et la réalité, 1999. Analyse des origines historiques des Propheties, mais en ignorant toutes les éditions qui ont précédé celle de 1568.
  • Bernard Chevignard, Présages de Nostradamus, 1999. (Livre I d’une édition scientifique des Almanachs.)
  • Dr. Lucien de Luca, Logodaedalia, 2001. (A notamment découvert dans le quatrain V, 31, un emprunt au poème médiéval Architrenius ou Archithrenius. Le même auteur a découvert que la strophe latine citée par Nostradamus dans sa Paraphrase de C. Galen provient du livre Inscriptiones sacrosanctae vetustatis, de Petrus Apianus et Bartholomeus Amantius, édité à Ingolstadt en 1534 ; voir son site Internet Logodaedalia.)
  • Jean-Paul Clébert, Prophéties de Nostradamus, 2003. Éclaire (philologiquement) de nombreux passages des Prophéties par des passages analogues des Présages. L’auteur, qui ne manque pas d’érudition, reconnaît sa dette envers Brind’Amour. On est d’autant plus étonné de le voir parfois conclure à la prescience de Nostradamus sur des bases assez faibles (quatrain IV, 88). Dans un livre antérieur, Nostradamus, mode d’emploi, Paris, 1981, qui n’est qu’une esquisse de celui-ci, il avait envisagé que les indications toponymiques du fameux quatrain de Varennes se rapportent en fait à la province du Maine, conjecture dont Chantal Liaroutzos allait faire une certitude.
  • Elmar R. Gruber, Nostradamus, Sein Leben, sein Werk und die wahre Bedeutung seiner Prophezeiungen, 2003. L’auteur est un tenant du paranormal, mais le présent livre est d’inspiration rationaliste. Il semble que Gruber soit le premier à avoir fait le rapprochement entre le quatrain 7, 41 et la lettre 7, 27 de Pline le Jeune.
  • Peter Lemesurier, The Unknown Nostradamus, 2003 (biographie) et Nostradamus: The Illustrated Prophecies (comprenant de nombreuses gravures contemporaines), qui évoquent tous deux les origines historiques de la plupart des Prophéties
  • Nostradamus, Prophéties. Présentation par Bruno Petey-Girard. Paris, Flammarion, 2003. Edition des Centuries I à VII, considérées comme d’authenticité certaine parce que non posthumes. Sérieux, dans la ligne de Brind’Amour.
  • BROUSSE François (1913-1995)”Nostradamus ressuscité” Tome-I (1996), Tome-II (1997), Tome-III (1998) Éd. La Licorne Ailée, Clamart (France) L’auteur analyse historiquement, ésotériquement, prophétiquement et métaphysiquement de nombreux quatrains de Nostradamus. (À en juger par la page de discussion, la personne qui a ajouté ce livre à la liste est incapable d’en justifier l’intérêt.)
  • Ian Wilson, Nostradamus The Evidence, Londres, éd. Orion, 2002.
  • Dr Edgar Leroy, Nostradamus, ses origines, sa vie, son œuvre, Éditions Jeanne Laffitte, 1993, Ed. Bergerac, 1972.

Liens externes

Notes et références

  1. Dr. Edgard LeRoy, Nostradamus, ses origines, sa vie, son œuvre, p. 59
  2. Pierre Brind’Amour, Nostradamus Astrophile, p. 111
  3. Il existe un acte notarié de mai 1455 entre Pierre de Nostredame et Hugues Véran – Dr. Edgar Leroy, Nostradamus, ses origine, sa vie, son œuvre, p. 14
  4. Dr. Edgard Leroy, Nostradamus, ses origines, sa vie, son oeuvre, p. 24
  5. Chavigny, Janus Gallicus, Lyons 1594.
  6. P. Brind’Amour, Nostradamus astrophile, Ottawa, 1993, pp. 111-115, qui renvoie à V.L. Saulnier, « Médecins de Montpellier au temps de Rabelais », dans Bibliothèque d’Humanisme et Renaissance, t. XIX, 1957, p. 425-479, et à Michel Chomarat et Jean-Paul Laroche, « Nostradamus médecin et apothicaire », dans Cahiers Michel Nostradamus, n° 2, février 1984, p. 20-21.Le Dr. Edgard LeRoy, Nostradamus, ses origines, sa vie, son œuvre ne remet pas lui non plus la qualité de médecin de Nostradamus en question.
  7. Dr. Edgard Leroy, Nostradamus, ses origines, sa vie, son œuvre, p. 60
  8. Il y aura un procès intenté contre lui par les parents de la belle, probablement au sujet de la dot, cette année-là. réf: Dr. Edgard Leroy, Nostradamus, ses origines, sa vie, son œuvre, p. 61
  9. … de subtilitate ad Cardanum. 1557.
  10. Coraddo PAGLIANI, Di Nostradamus et di sue una poco nota iscrizione liminare torinen, Délia Rassegna mensile municipale, Torino, n° 1, Gennaio, 1934, XII.
  11. Torné-Chavigny, Nostradamus éclairci, Saint-Denis-du-Pin, 1874, p. 121.
  12. E. Jaubert, Vie de M. Nostradamus, Amsterdam, 1656
  13. J. MOURA et P. LOUVET, loc. cit., p. 87.
  14. D’après E. Jaubert, Amsterdam, 1656. Cité par P. E. JACOB, Curiosités des sciences occultes. Paris, p. 249.
  15. François Valériolle, d’un an plus jeune que Nostradamus, fit sa philosophie à Paris, fut reçu licencié en médecine à Montpellier en 1531 (Nostradamus y avait pris ses inscriptions en 1529) et s’installe d’abord à Vienne en Dauphiné… En 1544, appelé par les consuls d’Arles, lors d’une épidémie de contagion, son dévouement lui valut la dignité de patricien. Il se fixa dès lors en Arles, où il eut plusieurs enfants dont un fut médecin, Nicolas Valériolle, mort en 1631, auteur, lui aussi, de deux traités sur la peste. François Valériolle vécut encore vingt-huit ans en Arles. Il fut distingué par Charles-Emmanuel de Savoie qui l’appela à Turin en 1572 pour succéder au premier professeur en médecine de l’Université, Jean Argentier, qui venait de mourir. Valériolle dut mourir à Turin en 1580.
  16. Corrado Pagliani, loc. cit., p. 7.
  17. J. MOURA et P. LOUVET, loc. cit., p. 95.
  18. P. J. DE HAITZE, loc. cit., p. 32.
  19. Si l’on en croit Anatole Le Pelletier, à Lyon, le dénommé Antoine (?) Sarrazin prétendait arrêter seul les progrès de la «contagion». Nostradamus lui aurait fait part de son ancienne expérience et des observations qu’il venait de recueillir en Aix. Mais comme Sarrazin n’en voulait pas tenir compte, « qu’il tuait et laissait mourir tous ceux qu’il soignait », les pestiférés « venaient supplier Nostradamus de les guérir en cachette », situation mal commode et ridicule qui ne pouvait durer. Finalement, Nostradamus dut mettre les députés de Lyon en demeure de choisir entre lui-même et Sarrazin – Anatole Le Pelletier, Les Oracles de Michel de Notredame, Paris, 1867, t. 1.
  20. Marcel GERMAIN, Marignane inventaire du patrimoine,2005; Pierre Brind’Amour, Nostradamus astrophile, Ottawa, 1993, p. 42-44 et 103.
  21. Dans sa lettre à Henri II il précise: “Mais l’injure que le temps pourrait y apporter, ô serénissime monarque, requiert que de tels événements secrets ne soient révélés que sous une forme voilée qui n’aura cependant qu’un seul sens et qu’une unique signification, sans y avoir ajouté de calculs ambigus ou équivoques:”
  22. “Premièrement des temples de Dieu, secondement par ceux qui sont terrestrement soustenus s’approcher telle décadence, auecques mille autres calamiteuses aduentures, que par le cours du temps on cognoistra aduenir.”, Nostradamus, Les Centuries, Extrait de l’Épître à Henri II
  23. En fait, le 30 juin.[réf. nécessaire]
  24. B. Chevignard, Présages de Nostradamus, 1999, p. 85, avec références précises aux auteurs en question.
  25. B. Chevignard, Présages de Nostradamus, 1999, p. 87 et 341.
  26. Épître à Henri Second, reproduction en orthographe moderne dans E. Leoni, Nostradamus and his prophecies, New York, 1961, reprint Dover, 2000, p. 326.
  27. Noté par Brind’Amour, 1996, p. 250-3.
  28. Tite-Live, Histoire romaine, livre 1er, ch. 18; trad. G. Baillet, Coll. Budé, Paris, 1997, p. 31.
  29. Tite-Live, livre 1er, ch. 19; Coll. Budé, Paris, 1997, p. 31-32.
  30. L. de Luca, « Nostradamus lecteur d’Apianus », en ligne sur le sits del’auteur et sur cet autre
  31. Voir son site Internet.

Source : Wikipedia