Le crâne de cristal est une reproduction en cristal de roche d’un crâne humain. La popularité de ce type d’artefact débute au XIXe siècle parmi les amateurs d’antiquités mésoaméricaines précolombiennes. Considérés comme représentatifs des cultures aztèque et maya, les exemplaires les plus prestigieux sont le « crâne de Paris » (Musée de l’Homme) et le « crâne de Londres » (British Museum), qui feront l’objet de nombreux articles et dont le prêt sera souvent sollicité. Par ailleurs, ces objets attirent dès le début du XXe siècle les amateurs d’ésotérisme, qui leur prêtent une origine surnaturelle, ainsi que des pouvoirs de guérison physique et spirituelle. Le plus remarquable est pour eux celui que l’explorateur F.A Mitchell Hedges prétend avoir découvert dans les années 20 à Belize.
Les fouilles du XXe siècle ne confirment pas la place supposée du crâne de cristal dans les cultures précolombiennes, et dans années 90, les pièces des collections publiques font l’objet d’expertises dont les résultats semblent indiquer qu’il s’agirait d’imitations tardives du XIXe siècle, ou tout du moins de l’époque coloniale pour les plus anciennes. Néanmoins, les crânes de cristal gardent leur pouvoir de fascination1. Malgré leur « pedigree » dégradé, ceux de Paris et de Londres ont retrouvé leur place dans les expositions et le monde New Age croit toujours en leur pouvoir.